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par VAQUEZ, qui soulignaient sa fréquence au cours des lésions pulmonaires chroniques. Marcel THoOMAS, dans sa thèse, insiste en outre sur les connexions étroites qui existent entre les terminaisons artérielles et les cavités alvéolaires, d’où possibilité d'infection directe aérienne, susceptible de retentir sur ces parois artérielles. Enfin, on a voulu faire jouer un rôle prépondérant, voire exclusif, à la syphilis dans la genèse de l’artérite pulmonaire, mais LETULLE a montré que les lésions vraies d’artérite pulmonaire syphilitique sont rares et BENDA dans sa thèse sur les bronchites syphilitiques a établi que la syphilis touche très peu les artères et infiniment plus les bronches.
L'artérite pulmonaire revêt des formes extrêmement variées ; nous les étudierons successivement chez les cardiaques noirs, au cours du rétrécissement mitral, avéré et compliqué ; enfin nous envisagerons l’artérite pulmonaire discrète au cours de certaines cardiopathies et, notamment au cours du rétrécissement mitral, pour terminer par l’artérite pulmonaire latente, de tra-
duction purement radiologique.
À) Les cardiaques noirs
La maladie des « cardiaques noirs » ou maladie d'AYERZA, du nom de l’auteur argentin qui donna la première description, est un syndrome caractérisé cliniquement par de la cyanose et des accidents pulmonaires à type de bronchite chronique.
Les élèves d’'AYERZA et notamment ESCUDERO en
Ride
font, non pas un syndrome, mais une affection véritable, une maladie autonome qui évoluerait en trois stades. Une phase initiale de bronchite ouvre la scène avec des phénomènes broncho-pulmonaires, de la toux, une expectoration muqueuse ou muco-purulente, parfois de petites hémoptysies ou des crachats hémoptoïques et enfin une polyglobulie légère. Le cœur, à cette période n’attire l'attention par aucun signe fonctionnel. Progressivement, la dyspnée s’accentue du fait de l'hypertension pulmonaire, la cyanose devient le signe dominant : aux extrémités, pieds et mains, à la face principalement, les téguments prennent une coloration rougeâtre, violacée. A l’auscultation, on trouve de nombreux sibilants et ronchus dans les champs pulmonaires. Au niveau du cœur, le deuxième bruit est claqué à la base ; l'examen du sang montre maintenant une polyglobulie qui peut atteindre jusqu'à huit et neuf millions d’hématies, sans qu'il y ait mégalosplénie. À l'examen radioscopique, alors que chez le sujet normal, en position frontale, on constate que le bord gauche de l’image cardio-aortique et pulmonaire ne présente aucune saillie, et reste rectiligne, chez ce malade au contraire, on note une saillie de l’arc moyen, qui est plus ou moins convexe, plus ou moins bombé et surtout ce bord gauche s'élève, il s’érige verticalement, à limite supérieure horizontale, dessinant ce que les radiclogistes appellent aujourd'hui |’ « image en marche d'escalier ». Le point G n'est pas abaissé, il
forme nettement un point immobile, une véritable en-
coche. Cette déformation ressemble beaucoup à celle qui est observée dans la sténose mitrale, mais dans ce dernier cas, le point G est abaissé. En outre on voit saillir plus que normalement les branches de l'artère pulmonaire qui sont animées de battements parfois très marqués.
Les ombres hilaires artérielles sont très augmentées de volume, occupant une partie plus ou moins grande des champs pulmonaires : elles sont nettes, à contours précis, facilement dessinables, animées de battements plus amples et plus visibles que normalement, ce qui permet de les distinguer des ombres ganglionnaires ou des scléroses banales.
L'évolution se poursuit progressivement avec cyanose croissante de plus en plus marquée ; la face est alors violacée et c’est cette teinte violine foncée, presque noirâtre à certains moments, aux efforts, à la marche, à la toux, qui a valu à ces malades l’appellation de « cardiaques noirs ». La dyspnée est maintenant extrême, la toux ramène une expectoration hémoptoïque et parfois ce sont de véritables hémoptysies fractionnées, à répétition. Douleurs à type angineux, œdèmes des membres inférieurs, foie gros et douloureux, ascite témoignent de la souffrance du cœur droit.
À l'examen du cœur, les bruits sont assourdis, on entend très souvent un bruit de galop droit, un souffle diastolique d'insuffisance pulmonaire. À cette période, à l’artérite pulmonaire s'associe de la stase veineuse aussi, derrière l'écran radioscopique, les images hilai-