DOCUMENTS CLINIQUES
Nous aurions pû rassembler un grand nombre d’observations cliniques et radiologiques à l’appui des faits étudiés dans ce travail. C’est en effet, après avoir dépouillé de nombreuses observations et examiner de nombreux films radiographiques que l’idée nous est venue du sujet de cette thèse, mais nous avons préféré choisir un petit nombre de cas tout à fait typiques en nous rappelant, que quelques exemples démonstratifs valent mieux qu une longue statistique.
Ces observations et documents radiologiques annexes nous ont été fournis d’une part par le service de notre maître, M. le Docteur RIsST, de l'Hôpital Laënnec, d'autre part par le Docteur Marcel THOMAS qui assume la consultation de cardiologie dans le service du Docteur LAMBLING, à l'Hôpital Necker.
Les documents, ci-dessous rassemblés, comprennent
1° Un observation de pleurésie rhumatismale prise pour une pleurésie tuberculeuse (Obs. n° |) ;
2° Une maladie mitrale avec ombre hilaire et péri-
hilaires anormales à la radioscopie. Ces ombres anormales firent croire à une tuberculose pulmonaire officiellement confirmée par une administration d'Etat. La cardiopathie seule en cause était restée méconnu (Obs ane
3° Une observation de maladie mitrale avec retentissement pulmonaire et pleural complexe : hémoptysies à répétition, signes stéthacoustiques pulmonaires, petit épanchement pleural, des images radiologiques parenchymateuses trompeuses faisant croire à une tuberculose pulmonaire possible : le malade fut traité par les sels d’or et de nouvelles hémoptysies avaient fait décider son envoi dans un Sanatorium. En réalité, il s'agissait d'images liées à l’artérite pulmonaire et à la stase, elles-mêmes en rapport avec une maladie mitrale jusque-là méconnue. Ce cas est l’un des plus typiques qui soit, tant pour l’erreur de diagnostic clinique que pour la ressemblance des images radiologiques des images cardiaques avec celles dues à des lésions tuberculeuses du poumon (Obs. n° 3) ;
4° Trois observations de cardiopathies donnant à la radioscopie et sur le film des images exactement semblables à celles de l’adénopathie trachéo-bronchique ou hilaire de nature tuberculeuse. Pour bien montrer la ressemblance de ces images avec celles de la tuberculose ganglionnaire, nous avons juxtaposé l’observation et l’image radiologique due à une primo-infection tuberculeuse certaine, chez un enfant conta-
miné par sa mère : on verra la difficulté de discrimi-
nation d’après l'aspect radiologique tant il est semblable dans l’un et l’autre cas (Obs. n°° 4, 5, 6, 7) :
2° Une observation d'insuffisance cardiaque avec artérite pulmonaire typique chez un malade atteint initialement d’aortite spécifique. L'image radiologique montre des aspects trompeurs avec apparence de petits foyers parenchymateux dont l’un, à droite, disposé autour d'une ligne scissurale simule tout à fait la tuberculose pulmonaire. Or il ne s’agit pas de tuberculose mais uniquement d’images vasculaires et de réactions scléreuses de la trame pulmonaire autour de ces formations vasculaires anormales (Obs. n° 8) :
6° Une observation d’artérite pulmonaire associée à une sclérose parenchymateuse. Les images radiologiques simulent de très près celles de la tuberculose au point que sous une clavicule on voit des images presque annulaires pouvant être prises pour la traduction de cavernes. Une analyse attentive de ces images montre qu'il s’agit d'images vasculaires et de sclérose combinée avec aspects pseudo-cavitaires (Obs. n° 9) ;
7° Une image d’artérite pulmonaire avec sclérose associée donnant une image radiologique qui simule celle de la tuberculose pulmonaire (Obs. n° 10) ;
8° Une observation n° || :; cette observation a trait à un malade vu au dispensaire Léon-Bourgeois, à l'Hôpital Laënnec pour la contre-visite obligatoire avant son départ pour un Sanatorium. Le diagnostic qui avait été posé était celui de tuberculose pulmonaire
bilatérale diffuse, très étendue ; en réalité, on s’aper-
cut que ce malade était bien atteint de tuberculose pulmonaire, avec présence de bacilles de Koch dans les crachats, mais qu’il avait aussi une maladie mitrale typique jusqu'ici méconnue. Sur le film, on avait juxtaposées des images hilaires, péri-hilaires et parenchymateuses d’origine cardio-vasculaire et des taches parenchymateuses ressortissant à la tuberculose. Cette - observation est très intéressante, elle fait la preuve de l'identité graphique des images vasculaires et des images parenchymateuses d’origine tuberculeuse. On peut ainsi se pénétrer de la difficulté qu'il y a à distinguer ces deux sortes d'images, car il est bien difficile sur ce film où coexistent ces deux affections de distinguer ce qui revient à la cardiopathie et ce qui revient à la tuberculose.