OBSERVATION II
Gav... R., 5 mois. Entre le 27 mai 1931 à la Crèche Colrat, pour toux et fièvre.
Parents en bonne santé.
Nourri au lait humanisé pendant trois semaines, puis au lait Guigoz.
À l'entrée : Phénomènes pulmonaires très accentués: dyspnée intense avec « inspiration poussée » sans inversion du rythme respiratoire. Cyanose très marquée au niveau des extrémités, mais existant même au niveau du thorax.
Température entre 40° et 40°5. Cuti-réaction négative.
A l’examen pulmonaire, le sommet droit est submat. Souffle et quelques râles à l’auscultation de ce sommet. Rien ailleurs. :
DTA CET
Le 30 janvier 1931 : La température reste oscillante autour de 40°. A l’examen : On note une respiration soufflante sans bruits adventices à droite. Quelques foyers confluents de gros râles humides à gauche.
Dyspnée de type inverse. Toux moniliforme. Cyanose. Etat général très touché. Etat stationnaire jusqu’à la mort qui survient le 6 juillet 1931, sans phénomènes particuliers.
Trois radiographies ont été faites par le Docteur Chassard. La première le 28 mai 1931 montra une ombre diffuse de toute la partie supérieure du poumon droit.
La deuxième et la troisième faites le 24 et le 30 juin montrèrent des ombres disséminées dans les deux poumons. Ombres en mie de pain qui auraient pu faire penser à de la tuberculose.
L'autopsie a été pratiquée le 7 juillet 1931.
Vus sur leur face postérieure, les poumons se présentent de la façon suivante : atélectasie assez accentuée de la partie postérieure surtout à gauche.
Chaîne ganglionnaire assez marquée, ganglions allongés, assez étroits, qui commencent au-dessous de la grosse bronche droite et se continuent jusqu’au diaphragme. Il y en a également un assez grand nombre au niveau du poumon droit ou autour de la grosse bronche droite. Quelques-uns aussi au hile gauche.
Poumon droit : Nombreuses adhérences assez lâches, récentes, et symphyse assez serrée de la base. Symphyse lâche de la scissure supérieure ; surtout au sommet et à la base très grande abondance de pus vert putride, homogène, non aéré qui sourd facilement des moyennes bronches. Au sommet, on a presque l’impression de petits abcès du parenchyme. En certains points, on dirait que l’on fait sourdre comme un bourbillon d’un furoncle. Il n’y a cependant pas de zone franchement hépatisée. La palpation de tout ce poumon ne montre aucun foyer induré,
Poumon gauche : Scissurite totale mais très lâche, avec exsudat peu épais. Lobe inférieur un peu carnisé ou splénisé, mais pas d’une façon très accentuée; ce qui domine c’est l’abondance extraordinaire d’un pus de même aspect, de même abondance qu’à droite. En certains points de ce lobe inférieur, les bronches sont un peu dilatées en tout cas leur calibre est plus grand qu’à l’état ordinaire. Le, lobe supérieur tout entier est peu lésé. Très peu de pus mais pas d’hépatisation.
En résumé : Broncho-pneumonie caractérisée d’abord par des signes d’hépatisation du lobe supérieur droit ; puis dans cette zone, silence respiratoire, enfin râles gargouillants de la base gauche.
Autopsie : Bronchite et bronchiolile avec pus dense, épais, vert, très étendu des deux côtés, peu d’hépatisation, scissurites lâches. Adénopathie accusée. Une radiographie faite 6 jours avant la mort a montré un dessin pius accusé du parenchyme sans aspect d’hépatisation, ni lobaire, ni lobulaire,