CULTURE, LABOURS DES ASPERGERIES EN RAPPORT
Culture. — A partir de la quatrième année on devra :
l<ï En novembre enlever les tiges après les avoir coupées à 30 centimètres environ du sol ;
2° Pendant l'hiver défoncer l'ados ;
3° Décoter et relever les ados ;
4® Distribuer les engrais (Voir plus loin la manière de le faire);
5o Rétablir les fonds à la fin de Thiver (du 1 5 au 20 mars) en rapportant les 7 ou 8 centimètres de terre qu'on à jetée sur les ados à l'automne ;
é° Vers la fin de mars, former des buttes de 18 â 20 centimètres de hauteur sur les touffes ;
7° Biner aussi souvent que les besoins l'exigent ; mais que les herbes poussent ou non, il faut biner l'aspergerie au moins quatre fois de mars à octobre : soit une fpis en avril, une fois en juin, iine troisième en juillet et une quatrième en septembre ;
8° Détruire les buttes aussitôt après la récolte, à moins que l'on ne craigne que les vents renversem et brisent les ^iges. Alors on ne débutte pas.
9® Placer des tuteurs si la force de la plantation l'exige. (Dans la grande culture on néglige ce point.)
Labours. — On donne. le nom de labours aux dif-
férentes cultures que reçoivent les aspergeries : ils se divisent en binages et défonçages. Les binages sont des labours superficiels ^qui ii'entament la terre qu'à un centimètre de profondeur; ils s'exécuteiit à Taide de la binette ou ratissoire. Les défonçages sont des labours profonds que Ton donne aux ados à l'aide de la houe ou du croc à dents plates. Ce dernier outil est peu connu et peu répandu, mais il est de la plus grande utilité ; aussi nous engageons vivement les cultivateurs à le mettre en usage.
Biner est une opération très-simple et très-facile qu'il est inutile de décrire, car elle est universellement connue. Cependant, nous croyons devoir diî^e qu'il est essentiel d'avoir un outil. très^léger et de ne pas entamer la 'terre aussi profondément que cela a lieu dans certaines localités. Il suffit de la remuer à un centimètre pour couper toutes les mauvaises herbes. Si on binait plus profondément, outre rinconvénieiit qu'il y aurait de ramener sur le sol des graines qui germeraient, on. aurait celui d'enlerrer une partie des herbes coupées ati-dessous du collet et^mtmies d'une partie de leurs racines, de telle sor^e qu'après une pluie on s'exposerait à. en voir une assez grande quantité reprendre vie et porter graine : double inconvénient.
Le défonçage exige une attention plus grande que le binage. L'ouvrier, muni de son croc, se place à cheval sur l'ados, et en déplace la terre en la rejetant un peu derrière lui sans le déformer et sans atteindre
les racines des asperge*, ce qu'il lui est facile de faire en ne dépassant pas la profondeur des fonds ou rayons.
' Dans les sables, dans les terres très-douces, où il y a des plantes vivaces rebelles, le croc à dents plates est' insuffisant pour, les détruire, alors on emploie la •houe plate et large ; mais il faut une grande habitude pour manier cet outil. Il donne beaucoup plus de fatigue, mais il déplace complètement la terre, parce qu'il ouvre une jauge à Tinstar de celle de la bêche. La houe ne déforme pas les ados, c'est un avantage, car derrière elle il y a peu de chose à redresser.
Malgré toutes les précautions possibles, Tados est déformé plus ou moins ^ar le défonçage, et ,il est utile de le redresser après coup àTaide de la houe plate ou de la binette.
Les cultivateurs soigneux défoncent les ados tous les ans ; d'autres tous les deux ans ; enfin, il y en a qui ne les défoncent que tous les trois ans. Il est certain que plus la terre est meuble, plus la végétation est active.