RÉCOLTE, COKSIÎRVATION, BOTTELAGË ET EXPÉDITION DES ASPERGES
Bécolte. — Il faut savoir récolter les asperges pour ne pas nuire à la toufie. Anciennement on se servait d'un long couteau rçcourbé vers la pointe et dont le tranchant est en forme de scie ou de lame de faucille; aujourd'hui ce mode vicieux est abandonné : on récolte par éclatement.
Pour récolter Tasperge par éclatement il faut retirer doucement la terre qui Tentoure, soit avec les doigts, soit avec la pointe du couteau; puis on le descend le plus près possible de la racine, en ménageant les pousses qui pourraient se trouver sur son passage et prêtes à sortir de terre. On rompt alors Tasperge à sa naissance, en l'inclinant par pression sur sa base et en prenant la précaution de ne pas la faire plier ou casser dans le milieu de sa longueur ; on replace
la terre et Topération est terminée. Le couteau ne sert que comme levier.
Pour que la récolte puisse se faire par éclatement, il faut que Tasperge soit cultivée d'après le système d'Argenteuil; car autrement les turions étant durs et ligneux il serait impossible de les détacher.
Il vaut mieux cueillir l'asperge en glissant les doigts le long de la tige jusque sur le point où elle prend naissance; on Tincline et on la détache en Técartant; cette pratique, bien faite, a un grand avantage sur la cueillette au couteau. Nous engageons vivement les cultivateurs à n'employer que ce moyen ; il est un peu plus lent, mais il a l'avantage de ne pas blesser les turions voisins de ceux que Ton coupe, et de dégager la griffe desi chicots qui y pourrissent et l'altèrent.
Nous avons imaginé, pour cette, récolte, up outil* spécial en forme de cuiller large et peu profonde qui est très-facile et auquel nous avons donné le nom de débuttoir.
Le bon moment de récolter Tasperge c'est lorsqu'elle est sortie de terre de 4 à 5 centimètres. Si on la coupe plus tôt, il y a perte, car sa croissance ^;i 'est pas complète; plus tard,elle prend fortement la saveur qui lui est propre et devient verte, amère, dure et n'est plus ' comestible que sur une faible partie de sa longueur.
On récolte l'asperge pendant six semaines ou deux mois, au plus; passé cette époque, il faut la laisser se reposer.
Conservation. — Si t'on n'a pas de saite l'emploi de la récolte, il faut la descendre à la cave, sans la mouiller ni la laver et l'étaler sur le sol dans l'endroit le plus frais et à Tabri de la lumière. Elle pourra se conserver ainsi facilement huit jours ; mais l'aspérg© est moins savoureuse et cuit moins bien.
Bottelage. ^ Si la récolte est destinée à la vente, il faut la mettre en paquets plus ou moins gros, selon les localités et les usages. A Argenteuil, les bottes ont assez, généralement de 16 à 18 centimètres de diamètre au milieu, et 12 ou 13 à la tête.
Pour faire les bottes, on se sert d'un petit banc,, portant d'un bout une planche placée verticalement et percée d'un trou de la dimension de la télé de labotte» soit 12 à 13 centimetres.de diamètre (ce trou n'a que *4 centimètres de profondeur et il est fermé par devant par une planchette), puis, à 24 centimètres en arrière de cette planche, il y a un support formé d'mie autre planche découpée en forme d'U qui glisse sur les coulisses et qu'on peut, par conséquent, approcher ou éloigner à volonté. L'un des côtés A© 1*U est mobile pour permettre à l'ouvrier de sortir la botte.
L'ouvrier s'assied en face de son ban© à botteler, ert tournant le trou du c6té opposé à la plaœ qu'il occupe ; puis il choisit les plus belles asperges qa'tt poae une à uns la tête dans le trou, en les y ajustant, et le pied entre les deux branches de TU. Si Tasperge est plate, il la place de manière que la partie la pli» largfr
seit en ieiïovs. Les prîtes et led meryesBés se {dâctinl au eestre. II ajoiite tèv têtes potrF çpi'ettes soient toutes acr même niveau, et, quand la botte est teirminée^ tt passe un Jbrin d'osier, à 10 centimètre» entîrotï de Textrémité supérieure; il serre modérément la botte pour itô pas briser ou écraser les pointes, et arrête son lien. Il en place un autre à Textrémitè inférieure environ à 10 centimètres du premier^ il rogne les tu* rions trop longs, et la botte est terminée^
On redresse sans les rompre les turions courbes, et s'ils viennent à se casser, on enfonce de petits morceaux de bois de la grosseur d'une allumette dans l'un des deux bouts ; on les rapproche Tun de l'autre et le întiôti est assez solide pour pouvoir être placé an cen- .fre dé la botte.
Quant le bottelage est achevé, on remplit d'eau des baquets et on y place les bottes debout, de façon qu'elles baignent . complètement. On les laisse dans cet état pendant quelques heures^ puis on les lave avec une brosse à longs poils que l'on passe légèrement dessus; on ie3metdix minutes à ègoutter et on les emballe.
ÉmMktge ei êsèpSdiH^. ^ V&spetgè s^eitîbtflle et s^éxpédîe daùs dcf forts paniers qtii contîetrfletît de tîngi à tréiite bottes et pitts.
On étale du foin ou de la paille au foûd du panier, cm eu gattîftks côtés, puis on' place lei bottes tmché à touche et assez serrées, pour que tout môutémeôt
soit impossible. On place ensuite un lit de paille et un lit d'asperges, et ainsi de suite jusqu'à ce que le panier soit plein; puis on recouvre le tout d'une forte couche de paille.
Il faut apporter la plus grande attention à ce qu'il y ait assez de paille contre les parois du panier, surtout du côté de la tête de la botte, sans cela il y aurait risque de voir les pointes se détacher ou se froisser, ce qui nuirait â la vente.