LE RADEAU
Dans la forèt et sur la cage Nous étions trente voyageurs.
CRÈMAZIE,
Row, brothers, row, the stream runs fast, The Rapids are neaï, and the day lighu's ; ast. Noone.
Dans le lointain des eaux calmes et solennelles Où la nuit de mai va bientot ouvrir ses ailes, Sur le miroir du lac par le couchant rougi,
Un point vague et confus Lout à Coup a surgi.
On dir’it qu’il se meut, on dirait qu'il avance. q Il
En oscillant il suit le fil de l’onde immense, 11 grandit, et parfois lance comme un éclair;
Il grandit, et nous semble un vaste oiseau de mer
Effleurant de son vol la lame cristalline ;
Il grandit, il grandit toujours, et se dessine. Est-ce un énorme amas d’algues et de roseaux Qui s'approche de nous entrainé par les eaux”? Est-ce un ilot flottant? Est-ce une nouvelle arche? Non, c’est d’une forèt un large pan qui marche, C'est un radeau géant que de lourds avirons,
En cadence tirés par d'apres bücherons,
Gouvernent au milieu du grand lac qui sommeille.
Aucun bruit sous le ciel ne frappe notre oreille,
Hors le sourd grondement du rapide en aval
Vers lequel est guidé le radeau colossal,
Hors le gazouillement suave de la brise.
Et la « cage » à présent nettement se précise.
Un brasie. ‘tincelle et pétille au milieu,
Et trente « voyageurs », groupés autour du feu, Entre eux parlent tout bas du retour aux villages. IIS ont passé cinq mois sur des rives sauvages,
Ils ont durant cinq mois, sous des bois giboyeux, Abattu par milliers chênes et pins neigeux,