‹ Les aspirations [microforme]Chapitre 67 sur 82 · LE PREMIER DE L’AN · texte numérisé non relu

LE PREMIER DE L’AN

Au sein du Sahara, — la mer sinistre et dure Dont l’onde illimitée est du sable brûlant, — Sous limplacable ardeur d’un soleil aveuglant,

Se profile parfois une ile de verdure.

C’est l’oasis avec ses aspects enchanteurs,

Où figuiers et dattiers confondent leurs ramures, Où des sources d'eau vive unissent leurs murmures

Aux concerts incessants de mille oiseaux chanteurs.

Comme un émail géant l’éden au loin chatoie; Et dès qu’un groupe arabe, en marchant vers Alger, Voit à l'horizon bleu ses palmiers émerger,

II les salue avec une clameur de joie.

La caravane sait qu’elle va trouver là Des fruits délicieux, des eaux rafraichissantes.… Elle aborde dans l'ile aux rives séduisantes

En regardant le ciel et répétant : Allah!

Elle dort tout un jour au bord de quelque source, Bercée aux trémolos des oiseaux familiers, Laissant paître au hasard, à travers les halliers,

Les pauvres méharis tout brisés de leur course.

Elle dort sous l’arceau d’arbres toujours en fleur; Et quand les chameliers, remis de leurs fatigues, Quittent ce paradis plein du parfum des figues,

His gardent dans leur veine un peu de sa fraicheur.

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