‹ Les aspirations, poésies canadiennesChapitre 47 sur 82 · L’ERABLE · texte numérisé non relu

L’ERABLE

L’érable si haut dans l’espace Dresse son faîte audacieux,

Que le bouvreuil, même à voix basse, Y parle avec l’oiseau des cieux.

Il est plein de sève et de force.

L’ouragan ne peut le ployer; Pourtant les fibres de son torse Sont aussi souples que l’acier.

Il est rugueux comme le chêne, Et plus droit que le peuplier.

Une balle l’entame à peine : Son écorce est un bouclier.

Il peut protéger de son ombre Le troupeau le plus populeux.

En été des oiseaux sans nombre Chantent sur son front onduleux.

Son feuillage, à la mi-septembre,

Au souffle du vent boréal,

Se couvrant d’or, de pourpre et d’ambre, Brille comme un manteau royal.

En avril, le paysan perce Son flanc qu’amollit le dégel :

Par sa blessure l’arbre verse,

Tout le mois, des larmes de miel.

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