‹ Les assemblées parlantesChapitre 18 sur 28 · PREMIÈRE PARTIE - LA THÉORIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE - LA THÉORIE

Nous ayons divisé ce travail en quatre parties, théorique, rétrospective, technique, de 'plus une vue de t ensemble.

Nous définissons le Parlementarisme un régime politique dans lequel il existe, en présence du Pouvoir, une ou deux Assemblées, produites empiriquement, dont l'emploi consiste à débattre tout ce qui peut se rapporter à l'Intérêt public.

L'origine historique du Parlementarisme, qui devient h la clarté de cette définition une conception fort simple, est dans les doléances que présentaient autrefois les populations exploitées par les gouvernements bar-, bares. Chez les Anglais, qui sont le Peuple traditionnel entre tous, cette représentation des Communes s'est convertie avec les siècles en une forme de gouvernement, laquelle a été importée, à notre époque de passage, dans un grand nombre de Pays.

L'institution des Parlements n'est en réalité qu'une antithèse élevée en face du Pouvoir absolu. Sa valeur n'est que de transition, sa portée est tout historique, sa base ne peut être que réelle, correspondant aux conditions d'un état aristocratique.

Ses effets destructeurs ont été palliés, en grande parlio, par le tempérament du peuple chez lequel ce régime a pris naissance. Il n'a pu avoir chez les autres.

et spécialement chez nous, qu'un fonctionnement irrégulier, perlferbateur, dissolvant à perpétuité. C'est là une première conclusion.

On a voulu traduire le Parlementarisme en système représentatif. Contre-sens et sophisme.

On ne représente pas une Nation.

On ne la représenterait pas plus en partant de la donnée professionnelle qu'en procédant, comme nous le faisons, de la base territoriale.

Les Corps parlementaires, s'ils deviennent trop nombreux pour faire des Assemblées possibles, le sont nécessairement trop peu pour être des Représentations.

La Représentation, même au sens populaire du mot, ne sera jamais obtenue, parce que les minorités ne seront jamais représentées.

On a bien proposé, en vue de les garantir, différents procédés. Mais ces procédés empiriques et artificiels demeurent forcément impratiquez.

Ajoutons que les minorités qui expriment d'âge en âge le dynamisme de l'évolution historique sont d'abord trop imperceptibles pour pouvoir être sauvegardées.

Enfin il faut bien observer qu'avec les systèmes d'élection en règne jusqu'à présent, les majorités peuvent elles-mêmes se trouver écrasées par les minorités.

De tout cela, il nous faut conclure que le gouvernement représentatif n'est et ne peut être qu'une vue de l'esprit.

Nos politiques ont bien mis en crédit, comme échappatoires, le mandat impératif et la reddition de comptes; mais ces pantalonnades ne peuvent tromper personne.

Les intérêts des députés et de leurs commettants sont d'ailleurs distincts; par conséquent les préoccupations des députés sont également distinctes. Ils ne sauraient donc représenter véritablement le Pays.

Il est bon d'observer que le Parlementarisme met en présence les coryphées des partis. 11 ne peut donc avoir de valeur représentative à moins qu'elle ne le soit des factions; d'où ne peuvent sortir que les disputes et les excitations violentes préparant les bouleversements.

La Nation qui subit un pareil régime ne peut que tourner dans un cercle, allant sans* cesse des abus de l'Anarchie parlementaire à ceux du Despotisme jusqu'à son épuisement final.

Nous pouvons à présent conclure d'une manière générale : Le système du Gouvernement parlementaire n'a pas de base en théorie, et il est impossible en fait. Il n'a qu'une valeur historique. Personne n y croit, et chacun fait comme s'il croyait à autre chose.

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