‹ Les assemblées parlantesChapitre 19 sur 28 · DEUXIÈME PARTIE - COUP D'ŒIL RÉTROSPECTIF · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE - COUP D'ŒIL RÉTROSPECTIF

Nous ne connaissons guère de critique sérieuse du régime parlementaire en dehors de celle qui fut publiée en 1852 par le proscrit allemand Rittinghausen.

L'auteur commence par observer que le caractère originel du système représentatif est évidemment féodal.

« C'est, ajoute-t-il, une contradiction que de faire représenter par un esprit et par un intérêt qui ne peuvent manquer d'être particuliers l'intérêt général. »

c Les élections sont vicieuses par une double position fausse. Premièrement du côté des candidats, qui ne sont pas de préférence des hommes honnêtes et de talent; en second lieu du côté des électeurs, qui ne sont pas capables de faire un choix ou trouvent plus simple de s'en rapporter. »

< L'irresponsabilité de fait dont les membres des Assemblées sont en possession leur rend facile la palinodie. »

• Les Législations que les Assemblées fabriquent ne leur sont jamais dictées que par leurs intérêts et leurs préjugés. L'incapacité dont elles font preuve est remarquable autant que leur esprit tyrannique. »

« Le Suffrage universel lui-même ne changera rien à ces conditions, parce qu'il fait des hommes, s'il en trouve, des privilégiés. »

« C'est ainsi que l'élection est habituellement suivie de l'escamotage du mandat par le mandataire. »

« En somme, la Législation par une Assemblée est un système usé, jugé par ses fruits; les masses aspirent à autre chose. »

Nous sommes revenus aujourd'hui, en aggravant ses défectuosités, au Parlementarisme, jugé et condamné il y a plus de trente ans. Aussi est-ce l'occasion de reprendre les assertions de Rittinghausen, avec preuves nouvelles à l'appui.

Exemples tirés de la Constituante de 1848. Élection populaire du Président de la République; éviction de la réforme militaire. Mercantilisme et agiotage du régime de Juillet, continués après lui; concession centenaire des voies ferrées sous Louis-Philippe; rachat de ces concessions négligé en ,1848. — Mercantilisme du second Empire; traité de 1860. — Fiscalité argyrocratique de l'Assemblée de 1871 ; immunité de la fortune mobilière.

Les exemples qui précèdent confirment bien l'exactitude des deux propositions suivantes de Rittinghausen :

« Les lois sont faites par les forts, à leur profit. » « On dit vouloir sauver le Pays; on ne veut que le gouverner. »

Les forts sont aujourd'hui les riches. Le prolétariat est impuissant devant les réunions de satisfaits, dont

l'inintelligence économique égale la mauvaise volonté. La prétendue Représentation n'est qu'une comédie. Ce n'est pas le droit de gouvernement, mais de vie et de mort sur le Pays qui est remis à ses députés. Il réside dans la suppression du Peuple souverain par les élus, dans les massacres parlementaires qu'ils ordonnent à leur gré, comme en 4848 et 4874, dans la faculté qu'ils possèdent de voter des guerres désastreuses, dans la prodition de la Patrie par les Assemblées gouvernantes et les classes riches.

La nullité des députés républicains est notoire de vieille date et confirmée plus que jamais. L'ignorance des Législatures est manifeste. Leur duplicité, leur tendance aristocratique, leur iniquité sont depuis longtemps éprouvées.

Revue des douze ou quinze Constitutions qui ont réglementé le droit électoral depuis 89. Elles ne sont évidemment faites que pour escamoter au bénéfice des nantis la volonté de la Nation.

En conclusion générale, nous pouvons dire qu'il n'y a pas de système représentatif. Personne n'y croit et n'y a cru.

Page 1