‹ Les assemblées parlantesChapitre 9 sur 28 · VaulahaUe, 2« volume, chap. H · texte numérisé non relu

VaulahaUe, 2« volume, chap. H

tout leur a paru de bon emploi pour substituer leur* propres vues à la Volonté nationale et au bien du pays.

3° Toutes les Constitutions qu'ils nous ont faites, sans que nous puissions en excepter les plus démocratiques, trahissent chez leurs auteurs l'incroyance la plus manifeste à la Souveraineté de la Nation, à la fictionreprésent&tive, qui sont jusqu'aujourd'hui la base de 'notre dretlt public.

— Qu'est-ce donc que ce prétendu Souverain qui ne fut jamais pris au sérieux? qu'est-ce que sa Souveraineté que chacun façonne à son plaisir? et qu'est-ce que sa Représentation qui ne l'a jamais représenté?

Donc nous avons raison de le dire : le système représentatif n'existe pas. Personne n'y a pu croire et personne n'y a cru. L'expérience suivie de près l'atteste ; les faits dûmentinterrogés sont d'accord, comme il était nécessaire, avec la théorie, avec la logique. En dernière analyse, il n'y a rien là que l'utopie d'un siècle de trouble et de sophisme. On nous a présenté sous ce vocable spécieux un composé de pièces et de morceaux repéchés de toupies naufrages, incohérent, inconsistant, dépourvu de lien organique; quelque chose d'informe et de précaire qui n'a jamais été assis, qui se démolit et qui se refait tous les mois, tous les jours, et se culbute tous les dix-huit ans. Des empiriques sont venus, médicastres du Corps social, ne sachant un mot de sa nature ni de ses fonctions réelles mais à cela près connaissant tout, nourris de faussetés, farcis de recettes, Sganarelles de la politique, qui donnent pour science leur empirisme. « La politique, disait Sieyès avec la boursouflure qui était dans son caractère, la politique est une science que je crois avoir épuisée. » C'était bien la peine pour finir par la Constitution de Tan VIII ! Ces

orthopédistes jurés nous ont fait vingt Constitutions sur lesquelles ils ont mis la France à la torture. Mais ce qu'ils ont pu lui imposer n'est point, comme ils ont voulu le dire, le régime représentatif, qui impliquerait une théorie et qui supposerait un principe. Ce n'est que le parlementarisme, un mot barbare qui n'exprime rien, sinon un état de choses, un simple fait ne comportant aucun principe; le fait d'un passage historique entre un ordre social qui exista et un futur état d'organisation dont les premiers linéaments ne se laissent pas encore deviner.

Ce dernier mot est donc le seul dont nous ayons maintenant à faire usage dans la poursuite de notre étude. Nous ne parlerons plus du système représentatif. Nous le laisserons dans son néant.

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