‹ Les assemblées provinciales dans l'empire romainChapitre 17 sur 73 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'origine religieuse des assembl(5es provinciales eut celte conséquence qu'elles furent tout de suite et pour toujours fixées au même endroit. Il n'y a pas, croyons-nous , d'exemple qu'aucun des petits xoivd. grecs se soit jamais groupé, sous l'Empire, ailleurs qu'au lieu traditionnel de ses réunions. Delphes ne cessa pas d'être la capitale de l'Amphictyonie, ni Priène du Panionium, ni OEgion de la confédération achéenne. Les dieux n'aimaient pas à émigrer, et, une fois qu'ils s'étaient installés dans un sanctuaire, ils voulaient y rester. Leur immobilité entraînait celle des fêtes célébrées en leur honneur, et c'est ainsi que les xoivoi helléniques prenaient racine au lieu qui avait été témoin de leurs premières assemblées. Le culte de Rome et d'Auguste produisit des effets tout pareils. Du jour où les cités d'une province se concertaient pour élever un temple à cette double divinité, elles décidaient implicitement que cet endroit serait à perpétuité le siège de leur conseil fédéral , et l'on ne voit pas qu'il y ait eu dans tout l'Empire une seule infraction à cette règle.

L'assemblée provinciale qui se groupait autour de ces temples ne tenait pas toujours ses séances dans la ville qui passait pour être le centre politique de la contrée. On a supposé avec vraisemblance que l'autel commun k toute la Pannonie Inférieure devait se trouver à Sar-Pentele, près de Stuhlweissenburg'", et l'on sait que le légat de la province résida d'abord à Acumincum, puis à Aquincum ^^IDans la Pannonie Supérieure,

"' Mommscn , au C. 1. L., p. /i33.

'-) La Pannonifi Inférieure ne fut distincte de la Pannonie Supérieure qu'à dater de J 03-107. '*-'"<^ '""^'''^ * sa tète un légal consulaire. La légion qu'il commandait,

la capitale religieuse fut Savaria'^' (Stein-am-Anger), tandis que le chef-lieu administratif était ailleurs^'--. En Dacie, l'am Augiisù se dressait soit à Sarmizegethusa , soit dans les environs'•''\ c'est-à-dire loin d'Apulum, séjour ordinaire du gouverneur ^^\ Le xoivôv provincial d'Achaïe se réunissait, avant le règne d'Hadrien, à Argos^^^, et il ne paraît pas que le proconsul se soit jamais établi à demeure dans cette ville '^^ On devine les raisons de ces anomalies. Argos dut être choisie à cause de sa situation intermédiaire entre la Grèce continentale et le Péloponèse, et peut-être aussi à cause de la célébrité inolïensive que sa vieille histoire assurait à son nom. Sarmizegethusa avait été la capitale des rois daces, et les Romains la consolèrent de sa déchéance politique en lui laissant une sorte de suprématie religieuse. Enfin il est possible que les points où fut installé en Pannonie le culte impérial aient été, pour les indigènes encore indépendants, le centre de leurs fêtes nationales et de leurs cérémonies sacrées.

Dans certaines provinces, le siège du conciUum coïncidait avec le lieu de résidence du gouverneur. Mais il n'est pas probable qu'on l'ait voulu ainsi par esprit de régularité administra-

par conséquent sa résidence, se trouva d'abord à Acumincum (Ptolémée, II, xv, 3), aujourd'hui Szlankamen, près du confluent do la Tlieiss et du Danube; mois, au bout de peu de temps, elle fut transférée à Aquincum (Ofen). (Mommsen, au C. I. L., III, p. /ii5-4i6; J. Jung, Die roman, Landschaften , p. iMi.) On remarquera que le lieu occupé actuellement par Stuhlweissenburg semble avoir été sur le territoire d'Aquincum {Eph. epigr., IV, p. 65), mais à une assez grande distance.

('^ Mommsen, au C. I. L., ÏII, p. 5a,5; Jung, op. cit., p. 357.

('^) «Vectigalium provinciœ Pannoniœ Sup. administratio sedem quodammodo iiabueril necesse et Pœtovione (Pettau).n (Mommsen, au C. L L., III, p. 5 10.) A une certaine époque, Siscia (Sziszek) fut une sorte de capitale civile de la province, quoiqu'il ne soit pas sûr que le légat y ait résidé (p. 5oi). Quant aux légions, elles stationnaient à Brigetio (0'-Sz6ny), Carnuntum (Petronell) et Vindobona (Vienne) (p. ttSa).

^^'> Cf. L., III, p. 938-229; Jung, op. cit., 384.

<4) C. J. L, III, p. i8a-i83.

>"' La résidence ordiaaiie du proconsul d'Achaïe était, semble-l-il, Corinlhe. {C. l. G., 1186.)

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