‹ Les assemblées provinciales dans l'empire romainChapitre 46 sur 73 · G6 DÉCRETS HONORIFIQUES · texte numérisé non relu

G6 DÉCRETS HONORIFIQUES

D'ordinaire la patrie du personnage qui obtenait une distinction pareille en était informée et félicitée par l'assemblée. Claudius Amphimachos de Thyatire étant allé auprès de l'empereur pour le compte de l'Asie, la diète lui donna de grands éloges; elle décida, en outre, qu'une copie du décret serait envoyée aux autorités de sa ville natale, afin que l'on apprît par là «que l'Asie savait récompenser ceux qui lui faisaient du bien»^^^ Epaminondas d'Acrœphies se chargea, sous Marc Aurèle, d'une ambassade dont personne ne voulait; il en fut chaudement remercié dans deux lettres adressées u sa cité par les conseils d'Achaïe et de Béotie '-1 Euryclès d'OEzani , délégué au Koivàv des Panhellènes, eut le bonheur de se faire aimer pendant son séjour à Athènes; le conseil se hâta d'en prévenir le sénat et le peuple d'OEzani, les Grecs d'Asie, et l'empereur luimême '^l II paraît bien que l'assemblée des Gaules érigea dans Saintes un monument à quelque prêtre de l'autel de Lyon, originaire de cet endroit'^'. La chose, en tout cas, est certaine pour Solemnis, comme l'atteste le document qui le concerne ^^'. Par contre, lorsqu'une cité avait le dessein de manifester avec un éclat exceptionnel sa reconnaissance à l'un des siens ou même à un fonctionnaire impérial, elle sollicitait du concilium la concession d'un emplacement auprès du temple, et elle y dressait une statue ou une stèle honorifique '''^

Flaviani pro(curatoris) traclus Karthaginiensis fi(lio) — concilium pr(ovinciœ) Africœ.»

(') C. I. G., 3487. Cf. Revue arch., i885, 9° sem., p. io4.

P) Lebas-Wadd., Inscr. d'Asie Min., 866, 867, 869.

(*) Bernard, Le temple d'Auguste, ip. 76: (rSaccrdoli) Romœ et August(i très) provincia(e) Galliœ de publicon (inscription de Saintes).

(^' «Très prov(inciœ) GaH(i<-e) pr(inio unquam) monumentum in sua civitate posuerunt. Locura ordo civitatis V(i)d(uca)ss. (l)iber. d(c)d.» (inscription de Tliorigny).

(«) C. /. L., II, /1969 (Tarragone) : «M. Fabio M. f. Gai. Paulino. . . lierdenscs civi oplimo ob plurimas libcralilat. in renipublic. suam loco a provincia (imp)etrato posuerunt.» Spon-Uenier, p. 19/1, note 3 (Lyon) : crC. Aifidio M. (fd.)... Gallo Pacc(iano). . . leg. (Aug. pro pr. provinc.) Aquitanic. . . civitas Lemovic. pubiicc.» Bernard, p. 7/1-75. L'inscription africaine qui figure plus haut, à la note 10, p. i65, a été trouvée non à Carlhage , mais à Thamugas.

Les empereurs furent à toutes les époques comblés de louanges , de flatteries, de marques d'affection par les provinces; c'est au point qu'ils étaient parfois obligés de modérer leur enthousiasme'^l Dès le lendemain de la bataille d'Actium, le koivov des Achéens célébrait les mérites d'Octave ^^\ et ce fut désormais dans tout le monde romain un concert perpétuel d'admiration et de gratitude même en faveur des princes les plus détestables'^'. Les monuments destinés à glorifier les empereurs étaient quel- (juefois consacrés par les assemblées provinciales dans Rome même'*'; mais de préférence on les élevait sur le territoire fédéral'^'. Pour Hadrien, il y avait un point en Orient où venaient converger tous les hommages; c'était Athènes, capitale de cette Confédération panhellénique qui embrassait la plupart des cités grecques '•'l On ne voit pas pourtant que les nombreux xoivd de ces contrées aient pris l'habitude de lui dédier leurs statues dans cette ville; ils aimaient mieux, en général, les garder auprès d'eux'^l Hadrien est peut-être le souverain qui fut le plus adulé par ses sujets'®', parce qu'il voyagea beaucoup, et qu'il sema partout sa route de largesses. Mais, avant comme après lui, les provinciaux furent aussi prompts à la reconnaissance que pendant son règne. L'existence de certains xoiva. ne nous est

('^ Tacite, Ann., IV, xxxvii; C. /. .4., III, 18.

^^) Dittenberger, Sylloge inscr. Grœc, 972.

(^) C. I. L., V, 7980 : statue élevée à Caracalla par la province des Alpes Maritimes.

W C. J. L., VI, 1060 (Rome) : monument dédié à Gordien en aAo par la province de Maurélanie Césarienne. Cf. Phlégon de Tralles, dans les Frag-»». hist. Grœc, 111, p. 621, n° /i3.

<^) Il est digne de remarque que le uoivôv des Achéens avait coutume de placer à Olympie ses statues honorifiques.

'•'J Pausanias, I, xviii; C. /. A., III, 1^71-^186; Bulletin de con: hellén., 1878, p. /il 6.

('' C. L G., 1718 (Delphes) : AvToxpaTopa Ka/capa. . . Tpaïavov kSptavov 'Ze^aalov to xoivov tûv k(i(ptKTvôvù)v.. . . Keil, SijUoge inscr. Bœotic, n" 26 (Thèbes) : Avroxpâropa — to xotvov (Danéùyv. Dittenberger, S'i/Z/og-e inscr. Grœc, ;!82 (Delphes) : AvToxpdTopt kêptavwt — oî (e)<s îlXaTatàs (Tvviovtes EAArjves yapKjlinpiov dvéQrixav.

(**) Il avait à lui seul plusieurs statues auprès du sanctuaire provincial de la Tarraconaise.

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