CI. L, /1919, A
'"' Des monuments sont érigés en l'bonneur de Claude II , dans les années 969 et 270, à Tucci(C. /. L., II, 1672), à Syelabis (3G19), h Valence (3737), à Sagonle (3833, 383/i), à Barcelone (A5o5). Claude II disait encore, au début de son règne, dans une lettre au sénat : k Galbas et Hispanias, vires reipublicae, Tetricus tenel» (Trebellius Poilion, Claude, vu).
(') Postumus et Rome sont représentés ensemble sur un certain nombre de monnaies. De VVitle {Rcchei-che.s, p. 56, 11" 929) : «POSTVMVS • PIVS • AVG- Tète laurée à gauclie; Rf. P-M -TR-P- VI-COS- III- PP. L'empereur debout, vêtu de la loge, à gnuclic tenant un sceptre, et donnant la main à |{onm casquée, assise sur des armes et appuyée sur une baslc.» IbicL, p. 65, n" a6/i : «POSTVMVS*
lusioii à la persistance des assemblées régionales ^^l En Espagne, la ville où siégeait le concilmm, Tarragone , était alors aux mains des barbares de Germanie'-*. En Gaule, Lyon fut au pouvoir même de Tetricus'^'; nous n'avons pas cependant la preuve que les réunions périodiques du confluent aient eu lieu dans ces années-là. Peut-être les jugea-t-on inutiles du jour où Postumus eut créé un sénat calqué sur le modèle du sénat impérial ''*'. Ge n'est pas qu'il y ait eu la moindre analogie entre ce conseil de gouvernement et la diète fédérale des Gaules. On a vu dans les cha[)itres précédents quelles étaient les attributions de cette dernière. Gelles du sénat de Postumus étaient toutes dilïérentes. Nous ignorons, il est vrai, si les empereurs gaulois lui réservèrent une part sérieuse d'influence politique; mais il suffit de se rappeler qu'il frappait la monnaie de
PIVS-AVG. Tête laurée à droite; Bf. ROMAE -AETERNAE. Rome casquée, assise à gaucho, tenant de la main droite le palladium et s'appuyant de la gauche sur un sceptre.» Cf. n"' 965, 365 a, 966. De même pour Victorinus (p. 110) et Tetricus (p. iili). Plusieurs monnaies offrent d'un côté le nom de l'empereur Tetriciis, de l'autre un autel ou cdicule entre deux colonnes (p. 166-167). «Ce type, dit M. de Witte, est une dégénérescence du type si connu de l'autel de Lyon, qui se voit au revers des monnaies d'Auguste, de Tihère, de Claude et de Néron.»
(') Les textes suivants ne prouvent rien à cet égard. Trebellius Pollion m : tfGalli (l'ostumum) imperatorem appellarunt... Ab omni exercitu et ab omnibus Gallis Postumus gratanter acceplus . . . More illo quo Galli novarum rerum sempei' sunt cupidi LoUiano agonte interemptus est. 75 iv : «Cum Lollianus in locuni Postumi subrogatus delatum sibi a Galliissumpsissetimperium.» Fragm. histor. Grœcor., IV. p. 194, n° 6 : réponse de Postumus à Gallien, qui proposait de vider leur querelle dans un combat singulier : "fno tmv ra'AAwv ripéOvv ^acrû.sùs, xaï àpxovyMt âpy^etv TÔûv èKovatœs fie è'koyiévwv . Rien n'atteste qu'il s'agisse là de l'assemblée de Lyon ou d'une assemblée analogue. De même dans Orose, Htstor. ,V1I, xx, 11 : tf Victorinus a Gallis ultro creatiis et post paululum occisus est.»
'-' Eutrope, IX, viii : rGermani usque ad Hispanias penetraverunt et civitatem nobilem Tarraconem expugnaverunt.» Orose, VII, xxii, 7-8 : trGermani ulteriores abrasa potiuntur Hispania. . . Exstant adhuc per diversas provincias in magnarum urbium ruinis parvœ et pauperes sedes, signa miseriarum et nominum indicia servantes, e xquibus nos quoque in Hispania Tarraconem nostram. . . ostendimus.» Eusèbe, Chron. (édit. Schône), p. i83.
'^' L'auteur de la Gratiarum aciio Constantino Augusto dit que la ville d'Aulun lut la seule qui appela Claude II «ad rccuperandas Galliasn {Panegyrici latini, de Bahrens, VIII, 11). Cf. de W^iltc, p. 166-167, n"' 9i4-aao.
W A. de Barthélémy, dans la Revue des questions histor., t. V, p. 'j3.
cuivre'^', et qu'il dëccrnait aux princes défunts les honneurs divins '-^ pour reconnaître qu'officiellement il fut tout ce qu'était le sénat de Rome. L'assemblée de Lyon n'aurait donc pas fait double emploi avec lui. On remarquera toutefois qu'elle ne se serait pas trouvée à son égard dans la même situation que les* assemblées régionales de l'Empire à l'égard du sénat romain. Chacune de ces diètes était bien peu de chose à côté d'un corps dont l'autorité , au moins nominale, s'étendait au monde entier, et où venaient se confondre les hommes les plus considérables de toutes les provinces. Le sénat de Postumus, au contraire, n'était formé que de Bretons, d'Espagnols, et de Gaulois, ceuxci probablement en forte majorité, si bien que par sa composition il se rapprochait beaucoup du concilium GalUarum. Ne devait-il pas, dès lors, paraître superflu et même dangereux de mettre en présence deux assemblées qui auraient représenté de diverses façons les populations gauloises, et dont l'une aurait été arbitrairement condamnée à une infériorité véritable?
Dans les Etats modernes, chez nous en particulier, les conseils locaux n'ont pas le droit de s'occuper de questions politiques; ceux-ci, par conséquent, n'ont aucune action sur la marche générale des affaires publiques. Il n'en était pas tout à fait de dans l'empire romain. Les assemblées provinciales n'étaient même pas enfermées dans un cercle étroit d'attributions, et l'on ne saurait dire oii était la limite de leur compétence. Il n'y aurait pas eu de leur part la moindre illégalité à intervenir dans les guerres civiles, et à prendre parti pour tel ou tel compétiteur. Nul pourtant ne se servit d'elles comme d'un instrument de domination, et elles n'aspirèrent jamais elles-mêmes à jouer un rôle dans les moments de crise. Quel avantage pouvait procurer à un ambitieux une assemblée réduite à do médiocres
") Do Witle, p. i3, 11° 3; p. 48, n° iSû; p. Sa, n" 208; p. G3, 11" a5<); p ()/i, n° 258; Ecklicl, VII, /i/i5; Lenoniiaul, La monnaie dans l'anliquilé, H, /iio.
<"^' De VViUc, |). [)l\ , 139, 1,'ii ; lîcklicl, VII, /i52 et A57. On sait que In co«sccratio ne pouvait èlrc décrclcc «iue par le sénat.
ressources financières, investie d'une simple autorité morale, et dépourvue de toute puissance coercitive? L'adhésion des curies était précieuse à recueillir, parce qu'elles avaient à leur disposition des revenus pécuniaires, des milices, une population nombreuse, bref une certaine force matérielle. Les diètes fédérales n'ayant rien de tout cela, il était naturel qu'on se passât de leur concours.
Il faut ajouter que les hommes, même au iif siècle, ne s'étaient pas encore faits à la pensée que ce fussent là des corps politiques. Leur caractère primitif subsistait toujours, au moins dans l'esprit des contemporains; on s'obstinait à voir en elles, comme autrefois, une institution d'ordre privé, à les prendre pour de simples collèges; et, bien que la réalité ne répondît plus exactement à cette conception, on était esclave d'une ancienne manière d'envisager les choses. Toutes leurs prérogatives découlaient d'une source unique , le droit d'implorer le dieu dont elles célébraient le culte, et ce droit n'allait pas jusqu'à leur permettre de se jeter dans la mêlée des guerres civiles. On a parfois exprimé le regret que les empereurs aient négligé de développer ce germe d'un régime représentatif^^'. Non seulement on n'y réussit pas; mais même on ne l'essaya pas; et ce fut moins peut-être par défiance de la liberté que par suite de l'idée qui resta attachée, dès le principe, à ces réunions.
'■' Duruy, Histoire des Romains, l\, aSG-aSg.