‹ Les assemblées provinciales dans l'empire romainChapitre 6 sur 73 · ASSEMBLÉES QUI DATENT DE L'EPOQUE ANTERIEURE À LA CONQUETE · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉES QUI DATENT DE L'EPOQUE ANTERIEURE À LA CONQUETE

Dans l'Orient grec, les assemblées de ce genre étaient très nombreuses pendant la période d'indépendance. Au lendemain de la conquête, elles furent presque toutes supprimées, par précaution ^^^ ; mais on ne tarda pas à les rétablir, soit intégralement, soit avec de légères modifications^'-', et elles réapparaissent, pour la plupart, sous l'Empire.

Si l'on excepte le xoivbv Ao-/as, les xoivct que l'on rencontre dans la province d'Asie sont à peu près tous antérieurs à l'annexion.

(•' Polybc, XXVII, I, u; Pausanias, VII, xvi, 9-10; Diodorc, XIX, liv. Noter toutefois que dès l'époque de Sylla nous voyons loiiclionner le xoivov tùv A/twAwv, soit qu'il eût été maintenu, soit qu'il eût été déjà restauré (Bu//, de corresp. hellén., 1880, p. 1 83).

(2) Voir par exemple celles que subit le conseil amphictyonique (Pausanias, X, VIII, 3-5; Wescher, Bull, de l Imt. archéol. de Rome, i865, p. ao-a6).

Kotv6v d'IUon. Il comprenait neuf villes entre la Propontide et le golfe d'Adramyttion. Quelques inscriptions du premier siècle le mentionnent; peut-être a-t-il disparu aussitôt après W. En tout cas, il remonte beaucoup plus haut; c'est Alexandre qui l'avait créé vers l'année 333 , en lui donnant pour centre un temple d'Athena*-'.

Koivév d'Ionie. Cette assemblée associait au culte de Poséidon Héliconien les villes de Milet, Myonte, Priène, Ephèse, Phocée, Chios, Samos, Lébédos, Colophon, Téos, Erythrées, Glazomène et Smyrne'^'. Elle subsista pendant les trois premiers siècles de l'ère chrétienne ''''. Son origine est contemporaine des débuts mêmes de l'histoire grecque; Hérodote en parle comme d'une institution déjà vieille ^^\

KoivSv de Doride. Il avait son sanctuaire au promontoire Triopion, près de Cnide, et il y célébrait des sacrifices en l'honneur d'Apollon. Il se composait de Cos, lalysos, Camiros, Lindos et Cnide ^'''. Il était peut-être aussi antique que la confédération ionienne ^^\ Une inscription de Cos où sont mentionnés Aoôpsia Ta èv KvîS^ semble attester qu'il existait encore à l'époque impériale ^^^.

Koivov de Carie. 11 y avait à Stratonicée un temple dédié à Zevs Xpvaaopsvs ou Zevs Kdpios, et commun à toutes les populations cariennes'^l Strabon donne quelques détails sur cette

(') C. I. G., 36o9, 36o3, 36oi ; Lebas-Waddington, Inscript. d'Asie Mineure, 1743 f; Scliliemann, Troja, p. 227 et 333.

<^) Strabon, XIII, i, 26-27; Droysen, Histoire de l'Hell., I, a36 et 783-786 (trad. franc.).

CT Strabon, XIV, i, 3-A; 1, 20; Élien,//. F., VIII, v.

• W CI. G., 'ôSoli; Eckhel, II, 5o8; Mionnet, III: lonie, i-5; suppl. VI: lunie, 723.

(*' Hérodote, l, cxlii. Les Ioniens célébraient de plus un cidle on rhonneur du dieu Alexandre. (Strabon, XIV,i,3i; Lebas-Wadd. , Inscript. d'Asie Mineure, 67.)

<«) Scholiaste de Tbéocrite, XVII, 69.

(') Hérodote, I, cxliv.

f") Bull, de con-esp. hellén., 1881, p. 23o.

'") Lebas-VVaddington, Imcnpt. d' Asie Mineure , 399, 4i5.

DES ASSEMBLEES PROVINCIALES. Ui

ligue ''^, mais on ignore si elle se maintint longtemps après lui. On sait, par contre, que dès l'année SG'j avant Jésus-Christ elle était en plein fonctionnement, et certains indices prouvent qu'elle s'était formée à une date beaucoup plus reculée ^'-l

Kotvév de Phrygie. Son nom figure sur des monnaies de Néron, de Vespasien, et de Caracalla; il avait pour centre la ville d'Apaméc ^^'. On n'a aucun renseignement sur son origine, mais tout porte à croire qu'il faut la placer avant l'Empire.

Koivov de Lesbos. On peut en dire autant de celui-ci, bien que l'absence de documents ne permette pas de l'affirmer'*^.

Dans le reste de l'Asie Mineure, on trouve sous la domination romaine plusieurs xoiva de création évidemment plus ancienne.

Koivév de Lycie^^\ Il en est question à la fois dans Strabon'*'^ et dans des inscriptions qui datent d'un temps où la Lycie, indépendante, avait un amiral , une flotte, où elle faisait la guerre pour son compte, et où elle gagnait des victoires navales'"''.

KoivSv de Pamphylie. Il n'est mentionné nulle part; mais les textes signalent dans cette contrée des institutions qui impliquent l'existence d'une réunion de ce genre f*^'.

Koivôv de Lycaonie. Il groupait ensemble diverses villes de la province de Galatie, dont neuf nous sont connues'^'. On

<i) Strabon, XIV, ii, 25.

'^' Lebas-Waddington , o/j. cit., 877. M. Waddington remarque que dans celle ligue la représentation avait pour base le village, et que cet usage devait remonter à l'épotine lointaine où la Carie n'avait pas de grandes vdies.

W Eckhol, III, i/io-i/ii;Mionnet, l\f : Phrygie , 286, 989, 2/it; suppl. VII: Phrygie, i53, i54, i56; Revue numismatique, 188^1, p. 38.

(*' Mionnet, III, p. 3^-35; Pcrrot, Mém. d'archéol., p. 168.

'*' C. I. G., ^279, 433a; Lebas-Waddington, Inscriptions d'Asie Mineure, J32t, ia2/j, 1233, 12^5, laSo, 1265, 1266.

C^) Strabon, XIV, m, 9.

''' Lebas-Waddington, Inscript. d'Asie Mineure, i25i, 19 52.

(«) Ibid., 124/1.

(*) Mionnet, suppl. VII, p. iA3, n" i3; Waddiiigtoii, Revue numismatique, i883, p. 94-35, 49-44, 59-57,

suit sa trace sur les monnaies jusqu'au règne de Philippe l'Arabe. Rien ne montre qu'il soit antérieur à l'Empire; le chose est seulement probable. La même remarque s'applique aux xoivd. qui se réunissaient dans les autres parties de la province. Il est vrai qu'un seul d'entre eux figure dans les documents, c'est celui du Pont de Polémon'^), mais on n'a aucune raison de penser que risaurie, la Pisidie et le Pont Galate en aient été dépourvus ^'-^^

Koivôv de Chypre. Les monnaies de Chypre témoignent de sa persistance depuis Claude jusqu'à Macrin'^^ Nous, voyons en outre dans une inscription du temps de Vespasien une femme qui est prêtresse tôov xarà Kvnpov AïfçxtiTpos iepwv''^. Ce culte, commun à l'île entière, suppose un xoivSv, et il a tout l'air de remonter à une origine lointaine; on sait d'ailleurs qu'il était déjà en pleine activité sous les Lagides'^l

Dans la contrée comprise entre la vallée du Danube et l'extrémité du Péloponèse, les p^o^ra abondent, et il n'y a pas apparence que beaucoup d'entre eux aient été créés par les empereurs. Le xoivôv de Crète se trouve mentionné dans un document épigraphique du if ou du m" siècle avant J.-C. '"^l La confédération des Eleuthérolaconiens, qui subsistait encore sous les Antonins ^^^, avait pris naissance au commencement du second siècle avant notre ère ; sans doute elle dut son organisation aux Romains, mais aux Romains de la République, et l'Empire n'y

(') Eckhel, II, 355; Mionnet, II : Pont, laa-isS, 199-180; suppi. IV : Pont, 178-177, 188; Wnàdinglon, Revue numismatique, 1888, p. /io.

(2) Perrot, De Galatia pi'ovincia romana, p. i4i3-i/)3. 11 importe peu, pour l'objet de notre étude, que ces différents districts aient été raltacliés ultérieurement à d'autres provinces. (Marquardt, Rom. Staatsvm-tvaltung , I, p. 335, 359, 364, 368, 888.)

« Eckbel, m, 84; VI, 399; Mionnet, III: Chypre, 8, la, 28, 99, 34, 89, 43; suppl. VII: Chypre, 5, 8, 9, 11, i3, i5.

(*' Lebas-Waddinglon , 7° partie, 9801.

''') Lebas-AVaddinglon , Insci-ipt. d'Asie Mineure, 1 780 a ; Bull, de corresp. hcllén. , 1879, p. 498.

(') Pausanias, III, xxi, 7.

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loucha pas, au moins pendant plus de cent ans^^^. Comme autrefois, il y eut après Auguste des xoivci d'Arcadiens *-^, de Béotiens (•'', de Phocidiens^''^, d'Eubéens^^', d'Achéens (*"'. Les peuples qui descendaient des vainqueurs de Platées continuèrent de fêter en commun cet anniversaire (^'. Les amphictyons ne cessèrent pas de se réunir à Delphes ^'^l La Thessalie eut un xoivév particulier, qui datait, comme celui des Eleuthéroiaconiens, de l'époqite républicaine '^\ La Macédoine conserva le sien '^*'*. Même sûr les bords de la mer Noire, on rencontre sous Hadrien une ligue, composée de cinq ou six villes helléniques, dont la capitale était Tomi, et qui n'avait pas attendu, pour se former, la conquête romaine '^^'. Ce respect des assemblées régionales s'étendit jusqu'à l'Egypte. Sous ses rois indigènes, et plus tard sous les Lagides , l'Egypte était divisée en nomes, et les habitants de chacun d'eux avaient coutume de se réunir, pour traiter des affaires locales^^'-l Ils eurent un droit tout pareil sous les empe-

'') Foucart, Inscript, de Laconie, p. iio et siiiv.

'■^^ Paiisanius, VIII, un, 9. Une inscription d'OIympio, qui se rapporte à l'année 21a ou !3i 3, mentionne encore le koivov -rœv kpKciSoôv {Arch. Zoitung, 1879, p. i38).

'^) Pausanias, IX, \xxiv, 1; Cl. G., iGaS; Decliarme, Inscript, de Uéotie {Archives des missions, 1867, p. 5og).

'*' Pausanias, X, xxxiii, 1; C. I. G., i']3S; Keil, Sylloge inscript. Bœoticarutn, p. 109.

">' Ephcineris epigraphica , l, 1 5 1 .

W Pausanias, VII, xxiv, i; C. I. G., 1186, 1807, 1718; Foucart, Inscript, de Messénie, 3o5; Arch. Zeùwng-, 1876, p. .^o; 1877, p. 36, ào, 106, 19a; 1878, p. 177; 1879, F- i36-i38, 1880, p. 16.

(') Plularque, Aristide, xix; C. I. G., 336; Ann. de l'Inst. archéol. de Rome, i848,p. 52.

W Pausanias, VII, xxiv, à; C. I. L., 111,566; Bull, de corresp. hellén., 1883, p. 45o.

(') Digeste, V, 1, 27; XLVUI, vi, 5, 1; Archives des missions, 1867, P- ^*^^' Mionnet, II: Thessalie, 55-65; suppl. III: Thessalie, 91, 97, 99, 102, io5, 106, 109, 110, ti 3. Sur l'ancienneté de ce xoivov voir Tite Live, XXXIII, xxxiv;

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