Bouché-Leclercq, Manuel des instilutions romaines, p
naturel qu’on s’y livrât à son culte, et les assemblées de la Gaule, n'étant que les réunions de la confrérie de Rome et d’Auguste, s’y trouvaient à leur place.
Le second chef de ressources était les dons avec affectation spéciale. Nous venons de voir les règles suivies en cette matière. Rien n’était plus fréquent chez les Romains que les dons faits à des collèges dans un but déterminé. Nous ne connaissons pas de libéralités de ce genre faites à une province, soit des Gaules, soit même étrangère à la région qui nous occupe spécialement. Mais de semblables donations s'adressent fréquemment à des cités ou à des collèges. Tout recueil d'inscriptions en fournit de nombreux exemples. C’est ainsi que l'on a trouvé à Narbonne, au quartier même des Moulinasses, une inscription curieuse concernant un flamine de la Narbonnaise, Sextus Fadius Papirius Secundus Musa. Elle était gravée sur le piédeslal de la statue que lui avait élevée un collège d’arlisans à qui il avait donné un capital de 16000 sesterces, dont les intérêts devaient servir à fêler l’anniversaire de sa naissance‘. Nul doute qu'on ne montrât une générosité encore bien plus large quand il s’agissai comme ici d’honorer la divinité de Rome et d’Augusle, et que le don fait à la province se doublait d’une flatterie à l'empereur régnant.
La troisième était la contribution des cités. Nous manquons ici à peu près de tous renseignements. Aussi de nombreuses conjeclures ont-elles été hasardées, car plus le réel est étroit, plus le possible est immense. Pour les uns le trésor provincial encaissail la quadragesima Galliarum. Mais il est reconnu aujourd’hui que cette expression servait à désigner les portoriæ ou douanes perçues au nom de l’empereur?. Pour les autres c'était un impôt foncier que levait le concilium. M. Auguste Bernard, dans son ouvrage