CHAPITRE VI
Les legations des assemblées provinciales.
Le concilium provinciæ n’était pas seulement le conseil de surveillance financière d’un syndicat religieux : il élait encore l’organe des vœux et des besoins de la province. Aussi était-ce lui qui se plaignait ou rendait grâces des mesures prises par le gouvernement impérial au moyen de légations auprès de l’empereur, et distribuait l’éloge ou le blâme à ses gouverneurs, en leur dressant des monuments honorifiques ou en les poursuivant devant les tribunaux compétents.
Le droit d'envoyer des légations n’était pas un droit propre aux assemblées provinciales. Ces légations n'étaient chez les Romains que la forme commune de l'exercice du droil de pétition. Ce droit toujours exista chez les Romains et au profit des différents corps aussi bien que des particuliers. Ainsi, dès la République, des députés de Gadès? en 199 avant Jésus-Christ, de Sardaigne en 177, et des divers peuples des deux Espagnes’ en 171, se présentèrent devant le sénat. A la fin de la République, ces députations élaient devenues si nombreuses que le sénat affecta un mois spécial, le mois de février, à leur réception, et que cet usage fut consacré
1. Willems, Le Sénat de la République romaine, &. IT, p. 718. 2. Livius, XXXII, 2..