Videt ille ortus obitusque, quid Auster
Quid Boreas hibernus agat ; ferrique togæque Consilia : atque 1psam mentem probat : ille subactis Molem immensam humeris et vix tractabile pondus Imposuit (nec enim numerosior allera sacra
Cura domo) magnum late dimittere in orbem Romulei mandata ducis; viresque modosque
Imperi tractare manu.
(Statius, Silvæ, V, 1, 81-88.)
sous les premiers empereurs se trouvaient des libertini, on peut dire que c’élaient les affranchis qui gouvernaient le monde, et Corneille à eu raison de placer ces vers dans la bouche de l’un d’eux :
Quelque tache en mon sang que laissent mes ancètres, Depuis que nos Romains ont accepté des maîtres,
Ces maitres ont toujours fait choix de mes pareils Pour les premiers emplois et les secrets conseils ;
Ils ont mis en nos mains la fortune publique,
Ils ont soumis la terre à notre politiquet.
Il n’en fut d’ailleurs pas toujours ainsi. Dès le premier siècle, Vitellius transféra à des chevaliers certaines fonctions occupées jusque-là par des affranchis?. À partir d'Hadrien surtout des personnages de l’ordre équestre furent à la tête de ces différents services. Mais les employés subalternes étaient toujours des esclaves ou des affranchis impériaux.
La réponse délivrée par l’ab epistolis élait tantôt une simple epistola, tantôt une epistola accompagnée d’un mandatum à l'adresse du gouverneur et lui donnant des instruclions. Ce pouvait être aussi, au cas où la députation ne faisait qu'apporter des félicitations, un simple accusé de réception.
Munis de ces lettres de congé, les délégués repartaient. Ils avaient encore sans doute droit au cursus publicus. Ils rendaient, soit à la prochaine session ordinaire du concilium, soit peut-être à une session extraordinaire, compte de la mission dont ils avaient été chargés. Ils pouvaient même faire un rapport écrits.
Nous possédons sinon un de ces rapports, du moins la relation d’une de ces légations. Philon, juif d'Alexandrie, envoyé par ses coreligionnaires de cette ville en ambassade auprès de Caligula, nous a laissé un récit de sa mission dans
1. Corneille, Othon, Il, 11 (Œuvres complètes, édit. des Principaux écrivains français, t. IV, p. 186).