Annales, XV
2. Compte rendu des Assemblées provinciales dans l'Empire ro-
main de M. Guiraud (Revue historique, novembre-décembre, 1889, p. 403).
Les remerciements adressés au gouverneur au moment de sa sortie de charge se présentaient sous différentes formes. C'était, soit le vote simple d’actions de grâces, soit la dédicace d’une inscription honorifique, soit l'érection d’une statue. Le vote simple d'actions de grâces était la forme la plus usuelle. Elle suffisait, du reste, à montrer la satisfaction des provinciaux.
Il n’y avait là, d’ailleurs, rien de particulier aux gouverneurs : si ce droit de manifester son appréciation était plus important à leur égard, le conciliwm le possédait vis-à-vis de tous, et c'est ainsi qu’il décernait des honneurs à des sacerdotes, à des judices arcæ Galliarum, à des inquisitores Galliarum dont il se trouvait satisfait!.
Dès la période républicaine, nous voyons ces témoignages de satisfaction accordés aux gouverneurs par les populations au gré desquelles ils avaient su administrer. C’est ainsi que des temples même avaient été élevés à Flamininus?, et que la Cilicie en avait bâti un à son gouverneur Appius*. A l’avènement de l’Empire, si ces témoignages cessèrent d’être des adorations, si les honneurs divins furent réservés à Rome et à l’empereur, les actions de grâces, sous leurs diverses formes, se multiplièrent. C'était le concilium provinciæ qui les décernait. Ainsi le concilium Galliæ dédia une inscription“ honorifique à Lucius Æmilius Quirina Fronto, légat de l’empereur, propréteur de la Lyonnaise. La plupart des auteurs‘ soutiennent que les honneurs à décerner au gouverneur élaient discutés au sein des curies, et que les legati au concilium Galliæ recevaient des instructions obligatoires. Nous espérons avoir démontré qu’il ne saurait être question