Guiraud, Ass. prov., p
les legati chargés d'aller à Rome engager l’action devant la juridiclion compétente. Il pouvait, ce semble, n'y en avoir qu’un seul. Car, à propos du procès des Bithyniens contre Varenus, Pline’ nous parle de leur legatus comme d’un personnage unique.
Ces legati étaient légalement les représentants du concilium. C'étaient non pas des actores universilalis, mais des procuratores. Les actores, en effet, étaient les représentants juridiques permanents des collegia, tandis que les procuratores étaient nommés pour chaque affaire ?. Or ici la nature même des choses nous montre que les legati devaient être désignés spécialement pour chaque procès. Ces procuratores se substituaient complètement dès lors au concilium. Dans la condamnation, le nom seul du représentant figurait. C'était à son profit qu’elle était prononcée‘. En théorie, il n'eût pas dû exister de recours entre le représentant et le représenté, puisque ce dernier, être purement moral, élait perpétuellement absent’, mais il est bien vraisemblable que dans ce cas, comme dans les hypothèses analogues‘, on accordait aux provinciaux des actions utiles’.
Les legati se rendaient à Rome. Le plus souvent ils ne pouvaient profiter des postes publiques. C'était, en effet, le gouverneur qui délivrait les diplomata ou permis de circulers, et il est peu probable qu'il fût disposé à aider dans leur mission ceux qui allaient poursuivre son prédécesseur. L'eût-il voulu, il ne le pouvait peut-être pas, car l’empereur
(7 Epistolæ, VIT, vi, 1.