Guiraud, Ass. prov., p
8. Marx, Des pouvoirs des gouverneurs de province sous la Répu-
blique romaine, et jusqu'à Dioclétien (Thèse de doctorat de Bordeaux, 1879, p. 119).
ne lui adressait qu’un nombre limité de diplomata, valables seulement pour un temps donné. Les legati ne pouvaient espérer de prendre ce cursus à l’insu du gouverneur, ils auraient pu lui fournir ainsi les moyens de se venger sur eux des poursuites qu’ils prétendaient exercer contre un fonctionnaire impérial, Pertinax, qui devint depuis empereur, étant simple préfet de cohorte, pour s'être servi sans autorisation de la poste impériale, dut rejoindre à pied le poste qui lui était assigné‘. Force leur était donc de recourir à l'industrie privée. À la porte des villes, dans le voisinage des hôtelleries, on pouvait trouver des véhicules; on pouvait s’en procurer encore en s'adressant à des associations spéciales, les collegia jumentariorum. On ne perdait pas toujours au change : car si les voitures officielles faisaient 8 kilomètres à l’heure, César, au rapport de Suétone, avait pu, avec des voitures de compagnies privées, faire 150 kilomètres par jour?. La vitesse normale semble avoir été d’une trentaine de kilomètres par jours.
Ils arrivent enfin à Rome. C’est ici que les difficultés se renouvellent. Ils doivent être munis du decretum du concilium. C'est ce decretum qui sert de libellus accusationis. Il est nécessaire devant le sénat, où l’on suit encore la procédure jadis usitée pour les quæstiones, procédure dans laquelle cette plainte est nécessaire‘. Ce Zibellus était sans doute déposé entre les mains du consul qui avait la direction de l'instance devant le sénat* et qui jouait le même rôle que le préteur ou le judex quæstionis dans l’ancienne quæstio repetundarum.
1. Dein (Pertinaæ) præfectus cohortis in Syria profectus, T. Aurelio imperatore a præside Syriæ quod sine diplomatibus cursum usurpaverat, pedibus ab Antiochia ad lejationem suam iter facere coactus est. (Julius Capitolinus, Pertinaæ, I.)