Magalon, Histoire du Languedoc, t. I, p
2. Amédée Thierry, Arles et le tyran Constantin (Revue des Deux Mondes du 15 mars 1857, p. 317).
3. Dubos, Histoire critique de l'établissement de la monarchie française dans les Gaules, t.T, p. 329.
&. Amédée Thierry, Récits de l'histoire romaine au v° siècle. Derniers temps de l'Empire d'Occident, p. vur.
5. Fustel de Coulanges. Histoire des institutions politiques de l'ancienne France : L'invasion germanique et la fin de l'Empire, p. 348.
A partir de ce moment, plus terribles qu’une irruption de l'Océan’, des vagues de Barbares se succèdent sans cesse, montant les unes au-dessus des autres et couvrant de leurs flots humains toute la Gaule du Rhin aux Pyrénées.
Rome ne fait rien pour ses provinces. L’avant-dernier empereur d'Occident reconnaît les conquêtes d’Euric el des Wisigoths en Gaule et y ajoute l’Arvernie, qui leur à résisté. Indignée, la population de Rome dépose Julius Nepos (475), et choisit Romulus Augustule, destiné à clore la série des empereurs romains.
: Telle est la Gaule du 1v° au v° siècle, et l’on comprend qu'entre les bandes des Bagaudes el les insurgés de l’Armorique, entre les armées des prétendants ct les hordes de l'invasion barbare, il n’y ait plus place pour les pompeuses fêtes du concilium Galliæ, et que la divinité impuissante de Rome et d’Auguste ne trouve plus de fidèles.
Cependant il existe encore quelques réunions qui peuvent passer pour recueillir lhérilage des concilia Galliæ. Mais elles présentent des caractères tout différents de ceux des assemblées des premiers siècles. Les concilia ont changé de nature. Ils sont désormais hiérarchisés et politiques. L’étendue de leurs circonscriptions, la nature de leurs attribulions, se sont profondément modifiées.
L'organisation administrative de l'Empire romain s'était vers la fin du Haut-Empire complètement transformée. A partir de Trajan, comme l’a montré M. Jullian dans son travail sur la réforme administrative attribuée à Dioclétien, un mouvement continu a poussé l’administration à multiplier les provinces, en fractionnant les unités territoriales constiluées au moment de la fondation de l’'Empire?. C’est surtout Dioclétien qui organisa ce dépècement des anciennes
15 Si totus Gallos sese effudisset in agros Oceanus vastlis plus superesset aquis.
(S. Prosperus Aquitanicus, Carmen de Providentia divina, V, 27, 28. — S. Prosperus, Idatius, Marcellinus, édit. Mgr p. 617. ) 2. Willems, Droit public romain, p. 577.
circonscriplions. « Les provinces, dit Lactance, sont coupées en morceaux : de nombreux gouverneurs, de plus nombreux bureaux s’abaltent sur chaque pays et presque sur chaque district, ainsi que nombre de percepteurs, d'officiers et de vicaires des préfets !. » Aussi devint-il nécessaire d'organiser de vastes divisions intermédiaires entre le pouvoir central et ces provinces amoindries. De là l'institution de divers gouvernements régionaux.
L'Empire entier fut divisé en qualre grandes parties?. À la têle de chacune d'elles était placé un préfet du prétoire, qui avait à diriger l’administralion d'un certain nombre de provinces. Ces préfectures étaient l'Orient, l’Ilvrie, l’Ilalie el les Gaules. Le préfet du préloire chargé des Gaules réside à Trèves’; mais, reculant devant les Barbares, il se relire à Autun ‘ el enfin se fixe à Arles. [l préside à l’administration de quatre diocèses : les Gaules, l'Espagne, la Bretagne et la Mauritanie Tingilane. Le diocèse des Gaules se composait d’une partie seulement des Gaules, des provinces méridionales : les autres provinces, les provinces septentrionales, relevaient directement du préfet du préloire. Aussi le vicarius placé à la tête du diocèse des Gaules porlait-il le titre de vicarius quinque, ou plus tard, après le dédoublement des provinces d’Aquilaine et de Narbonnaise®, septem provinciarum", et ainsi, au début du in siècle,
1. Provinciæ…. in frusla concisæ, multi præsides et plura officia sinqulis regionibus ac pene civitatibus incubare, item Rationales multi, et magistri el vicar præfectorum. (Lactantius, De morte persecutorum, VIL. Opera, édit. Migne, t. Il,-p. 206.)