Sidonius Apollinaris, Epistolæ, V, xx
6. Études sur quelques points de droit romain au v° siècle d'après Les lettres et les poèmes de Sidoine Apollinaire, p. 35, n. 3.
en route pour Rome, appelé par Anthemius, qui venait d’être promu à l’Empire!'. Elle remonte donc à l'année 467?.
Ainsi nous trouvons bien peu de traces des assemblées de province dans la Gaule romaine au Bas-Empire. Les vestiges qu'ont laissés les assemblées analogues ne sont pas beaucoup plus nombreux dans le reste de l'Empire. Sur 120 provinces, il n'y en a que 27 où l’on trouve quelque indice de réunions de ce genre. Mais cette disette de renseignements ne doit pas nous empêcher d'affirmer pour toutes ce que nous constatons pour quelques unes. Car on ne concevrait pas que les provinces où des concilia provinciæ manifestent leur existence eussent joui d’une situation privilégiée. Tout au plus pourrait-on admettre que ces assemblées purement provinciales n'étant pas obligatoires, et que faculté étant simplement laissée aux provinciaux de se réunir ou non, suivant qu'il leur semblait convenable, pour délibérer sur les intérêls de la province, certaines de ces circonscriptions négligèrent de profiter des libertés que leur offraient les empereurs.
Mais ce n’était pas seulement dans leur ressort territorial, c'était aussi et surtout dans leur caractère que les assemblées provinciales s’élaient profondément modifiées. Vouées autrefois au culte des empereurs, elles n'étaient plus au Bas- Empire que des assemblées politiques.
Cette transformation était due à l'avènement du christianisme. « La religion du Christ, dit M. Ernest Desjardins, était incompatible avec le vieux monde. »
« Toutes les fois qu’un païen se convertissait, a dit M. Granier de Cassagnac, c’est-à-dire se changeait, il cessait d’être ce qu'il avait été jusqu'alors; il acceptait une règle de con-
1. Baret, Chronologie des lettres el des poésies de Sidoine Appollinaire. Œuvres complètes de Sidoine Apollinaire, traduites en français, p. 274 (Coll. Nisard).