Orationes, X. Opera, édit. de Paris, 1637, t. [, p
6. Auguste Bernard, Le temple d'Auguste et la nationalité gauloise, p. 116.
7. Gibbon, Decline and fall of the Roman Empire, ch. Lu, p. 1005.
pape à la manière des empereurs d’autrefois!. Ce n’était sans doute qu'une cérémonie. Mais elle témoigne de la persistance de l’idée. Le mot de divus, qui même sous les empereurs chrétiens restait couramment employé pour désigner le souverain mort’, devait se conserver dans la langue du Saint-Empire romain. Frédéric II appelle divi Augusti son aïeul et son oncle’ ; il appelle sa mère diva‘, décerne à son fils une apothéose analogue’, et, tout réprouvé qu’il est, s’imagine être un dieu sous forme humaines.
Celte sorte de culte survécut au moyen âge. Louis XIV fut l’objet d’une vénération presque religieuse’. Balzac disait du roi : « Voicy celuy qui ne voit rien que le Ciel au-dessus de say. » Les successeurs de Balzac furent moins réservés. Corneille parle de la « toute-puissance » de Louis XIV?. Racine, « dans l'excès véritablement impie et cependant consciencieux d'asservissement à la personne divinisée du prince dont on se glorifiait à cette époque, place Dieu et le prince sur un même niveau d’adoration. »
Lamoignon, au nom des magistrats, présente à Louis XIV des « adorations civiles », que certains ne craignent pas d'accompagner de génuflexions't. La majesté divine elle-
1. Bryce, The holy Roman Empire (London, 1890, pet. in-8), p. 54.