Guiraud, Ass. prov., p. 245, n
4. Macximes et réflexions sur la comédie, XXX (Œuvres complètes,
t. VIIL, p. 99.) 5, Bossuet, Mazximes el réflexions sur la comédie, XI (Œuvres: complètes, t. VIII, p. 89). — Cf. Ozanam, La civilisation au cin-
quième siècle, 14° leçon. Œuvres complètes, t. IT, p.84.
6. Cunctos judices admonemus ut ludorum quidem, quibus moris est,intersint festivitati et oblectamentis favorem eliciant populorum. (Cod. Théodos., XV, 1x, 2.)
une obligation à leurs délégués d’assister à ces représentations et même de les offrir, c’est qu’elles n'offensaient plus ni leur foi ni leur morale.
es jeux, en Orient, devaient reprendre un aspecl religieux'. Le christianisme byzantin les adopta : le signe de la croix fait par l’empereur et répété par l’assistance ouvrait le spectacle®. Il n’en fut pas de même en Occident : pendant la courte durée de l’Empire d'Occident, les païens demeurèrent trop nombreux pour qu’on pût donner aux fêtes un caractère chrétien qui les en eût exclus. Ils étaient dans la situation où s'étaient trouvés les chréliens le siècle précédent; la proportion restait la même, mais les termes du rapport élaient interverlis. Dès 265, Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée, se sentant sur le point d’expirer, demande s’il y a encore quelques idolâtres dans sa ville épiscopale. On lui répond qu'il en reste dix-sept : «Je laisse done à mon successeur, s’écrie-t-il, autant d’infidèles que je trouvai de chrétiens à Néocésarée 5. » Les paiens n’étaient pas encore une quantlilé négligeable. Sans doute, c’étaient surtout les habitants des campagnes, et telle serait même, d’après certains auteurs, l'origine du mot paganus', mais c'étaient aussi ies membres des grandes familles, comme Symmaque, Rutilius Numantianus, qui fut consul et préfet de la ville’, Merobaudus, Germain d’origine, qui occupa de hautes fonctions militaires et eut sa statue dans le forum de Trajan‘. Aussi, lors de l’invasion des Goths dans l'Ilalie. centrale en 408, le pape Innocent I* se vit-il obligé de per-
1. A. Rambaud, Le monde byzantin : le sport et l'hippodrome à Constantinople (Revue des Deux Mondes du 1° avril 1871, p. 781-782).
2. Id., De Byzantino hippodromo et circensibus factionibus (Fhèse de doétorat ès lettres de Paris, 1870), p. 6.