Guizot, Essais sur l'histoire de France, p
bien dans les matières administratives que dans les matières judiciaires !.
Ensuite, le domaine du conventus ne semble pas avoir été aussi borné que le ferait croire un examen superficiel. Une multitude de questions relalives à l’administration provinciale pouvaient s’y trouver soulevées?. Il devait en être de ces assemblées comme de la cour des thanes ou de la Curia de more, anglo-saxonne ou anglo-normande, où se rendait la Justice et où se débattaient toutes les affaires qui intéressaient la circonscription ou l’État.
Enfin, les procès eux-mêmes pouvaient soulever des questions politiques ou administratives : une ville pouvait y être partie. Ainsi Cicéron nous raconte, dans cette correspondance où il nous peint Si vivement la vie d’un gouverneur de province à la fin de la République, qu’à son arrivée en Cilicie, au mois de janvier 704, il fit, en quelques conventus, affranchir beaucoup de cités de contributions considérables, de lourds intérêts et de dettes injustifiées *.
Une semblable transformation dans le caractère des assemblées n’a rien qui doive surprendre. Si chez des animaux inférieurs, dépourvus de tout organe de la vision, la peau est sensible à l'influence de la lumière, de même, dans le corps social, les fonctions auxquelles un organe propre fail défaut sont remplies par les organes voisins, qui s’y adaptent. La Société d'agriculture de Varsovie avait, en 1862, en dépit de son caractère technique, fini par faire l'office d’une diète nationale de Pologne.
Il ne faut pas sans doute exagérer : prendre le conventus des provinces romaines pour un conseil général serait renouveler l’erreur des historiens qui prêtaient à Clovis la
1. Boutmy, Développement de la constitution et de la-société politique en Angleterre, p. 103.
2. Person, Essai sur RARES des provinces romaines sous la République, p. 285.