Cicero, Ad familiares, XV, 1v
majesté de Louis XIV. Non! Ces conventus ne sont ni une assemblée régulière munie de pouvoirs constilutionnels, ni même un club spontané cherchant à combler officieusement le vide de réunions officielles. Si l’on veut un rapprochement, ce sont les tournées de recrutement des préfets, les réunions de comices agricoles auxquelles un auteur récent! comparait les concilia provinciæ de l’époque impériale, dont ils éveillent la pensée. C’est un porte-voix où le public peut parler, el qui, ampliliant le son, lui permettra de parvenir jusqu'aux oreilles de ceux qui peuvent faire droit à sa réclamalion. La Cour plénière du moyen âge, où parmi les bals et les feslins pouvaient se traiter de si graves affaires, est peut-être l’image la plus fidèle du conventus antique réfléchie dans un miroir gothique. |
Cette institution existait dans la Gaule ullérieure. Mais nous ne voyons César tenir les conventus dans cette pro: vince qu’à la fin de son séjour en Gaule.
Pourquoi n’en est-il pas question plus tôt? Comment César nous raconte-t-il qu’il va régulièrement chaque printemps ? jusqu’en Cisalpine tenir les conventus® et se tait-il sur la tenue des conventus de la Narbonnaiïse ? On a donné de ce fait une ingénieuse explication : César laissait à un lieulenant le soin sans gloire des conventus de la Narbonnaise, tandis qu’il saisissait avidement dans la tenue des conventus de la Cisalpine une occasion de se rapprocher de Rome *.
Quoi qu'il en soit, ce n’est guère qu’à la fin de son séjour en Gaule, après sa dernière campagne de l’an 52, que nous voyons César se rendre en Narbonnaise, pour tenir les conventus. Il se contente d’y trancher rapidement les procès publics, c’est-à-dire ceux qui intéressaient les villes’, sans
1. Pallu de Lessert, compte rendu des Assemblées provinciales dans l'Empire romain, de Guiraud (Nouvelle Revue historique du Droit, 1888, p. 363).