Institutions politiques des Romains, t. Il; p
honorati de la constitution d’Honorius est absolument inexacte. Tout le monde admet en effet que le mot honorati dans l’édit de418 désigne les membres de l’ordre sénatorial. Enfin, si l’on aperçoit bien pour la ville d'Alexandrie une distinction entre les primates et les principales, ce semble être là une particularité de l’organisation de cette ville: ce qui le prouverait, c'est que le Code Théodosien consacre un titre spécial, le xxvn* du livre XIV, aux primates plebis Alexandrinæ, et il n’y aurait là rien d'étonnant, la constitution d'Alexandrie renfermant plusieurs institutions qui lui sont propres. Ce qui le démontre à nos yeux, ce sont d’ailleurs les différents textes allégués par M. Guiraud lui-même, de conslitutions rendues par Constantin le Grand en 317: pour les Espagnes, par Théodose le Grand en 392: et par Arcadius en 396% pour l'Orient, par Honorius en 403* pour la préfecture d'Italie et dans lesquelles le mot primates ou la périphrase qui le remplace est manifestement synonyme de principales. Telle est d’ailleurs l'interprétation que Godefroy donne de ces passages, et M. Mispoulet® voit dans les expressions principales, primates, primarti, decemprimi, la désignation d’une classe unique plus élevée parmiles membres de la curie, analogue à celle des illustres parmi les clarissimi.
Mais, s’il en est ainsi, comment s'expliquer la réserve que font les empereurs, exceptis præfectoriis? Les præfectoriü ne devaient pas, ce semble, faire communément partie des principales de la curie, tandis qu’au contraire il est tout naturel de distinguer les premiers des honorati de la foule des membres de cet ordre. Cette objection n’est pas décisive. En effet,
1. Cumin concilium primates nrunicipesque coguntur. (Cod, Théodos., XII, 1, 4.)
2. Quicunque decursis perfunctus officiis primum oblinuerit in sua curia sequentibus ceteris locum. (God. Théodos., XIT, 1, 127.)