Ass. prov., p
Les concilia extraordinaria, disons-nous, sont les sessions extraordinaires, tandis que les concilia ordinaria sont les sessions ordinaires des concilia provinciæ. En effet, nulle part nous ne trouvons trace de cette distinction qu’établit M. Guiraud entre les provinces à concilium périodique et les provinces à concilium intermittent, entre les provinces à concilium régulier et les provinces à concilium irrégulier. En vain se fonderait-il sur le passage d’Ammien Marcellin relatif à la Tripolitaine et que nous avons cité : ce que note en effet comme particulier l'historien, ce n’est pas le fait même de la périodicité, mais la durée de la période, l’espace de temps qui séparait les sessions. Sans doute, comme le dit M. Guiraud', il n'y avait plus de cérémonies du, culte d’Auguste qui exigeassent alors, comme sous le Haut-Empire, la réunion annuelle du concilium, et celte réunion ne se peut justifier non plus par les raisons qui expliquent les sessions annuelles des parlements modernes, mais, d’un côté, le fameux édit d'Honorius qui établit l’annualité de l’assemblée d'Arles semble un indice que les assemblées de province avaient continué à tenir de fréquentes sessions, et, d’un autre, la réunion annuelle du concilium provinciæ demeure à nos yeux nécessaire, puisque c'était à lui, suivant nous, qu'il appartenait d’élire le sacerdos provinciæ, dont les fonctions semblent bien avoir été annuelles. Donc dans chaque province il devait y avoir un concilium ordinarium, donc l'expression de concilium extraordinarium ne peut plus désigner qu'une session extraordinaire de l’assemblée régulière. Telle est l’opinion de M. Pallu de Lesscrt? et de M. Mispoulets.
Un exemple célèbre nous montre d’ailleurs l’utilité respective de ces deux sessions. En Tripolitaine les Austuriens attaquent la ville de Leptis, qui demande du secours au