Ass, prov. p
devenir le théâtre d’une guerre civile entre deux prétendants, et avait un intérêt propre à apaiser leur différend. Dans l’autre, le débat ne la touchait pas directement, puisqu'il s'agissait de la cession aux Visigoths d’une province gauloise, l’Arvernie; mais « après le sénat de Rome, dit Amédée Thierry ‘, le conseil de Milan — c’est le nom sous lequel il désigne la diète de Ligurie — pouvait passer pour la représentation la plus solennelle de l'Italie ». Or l'Italie était le cœur de l’Empire. Il n’y a rien d'étonnant à ce qu’un pareil concilium sortit des limites de sa compétence pour s’occuper de questions générales. Mais en principe les assemblées de province n’avaient à s’occuper que d'intérêts locaux.
L'autorité de ces concilia était, d’autre part, restreinte. En effet, ces assemblées avaient pour caractère essentiel d’être des réunions consultatives. « Elles n'avaient, dit M. Guiraud?, aucun pouvoir propre. » La plupart des expressions employées pour désigner leurs délibérations, petitiones, postulata, desideria, indiquent nettement le caractère pour ainsi dire solliciteur de leurs résolutions : elles ne décident rien; ainsi que les assemblées de diocèse, dont nous avons déjà parlé, elles demandent au souverain ou même au préfet du prétoire de décider. Et ce n’est pas là, comme dans certaines formules de la langue parlementaire de la Grande-Bretagne, le vivace souvenir d’un passé disparu. Le pouvoir des empereurs prime tout : les demandes téméraires doivent être repoussées, les justes exaucées, écrit Valentinien l’Ancien au préfet du prétoire Mamertin en 3645. Sans doute, ces assemblées peuvent bien accuser les gouverneurs : mais ce n’est point ici un droit particulier : cette faculté était ouverte à tout citoyen et à tout corps reconnu; on se contente de ne
1. Récits de l'histoire romaine au v° siècle. Derniers temps de l'Empire d'Occident, p. 230.