Cod. Théodos., XI, 1, 34, XII
Non, disons-nous. D'abord l’ordre des spectabiles qui vient au Bas-Empire immédiatement au-dessous des illustres et ne comprend que le primicerius sacri cubiculi, le primicerius notariorum, le castrensis palati, les magistri scriniorum, les proconsules, les vicaires ou gouverneurs de diocèses, les gouverneurs de grandes provinces, les comtes et ducs, commandants militaires', formerait une pépinière bien restreinte de legati provinciaux. D’un autre côté, les deux mentions de legatio confiée à un wir spectabilis se réfèrent à la même legatio, et l’on ne saurait ériger cet exemple unique en règle générale. Telle est l'opinion de M. Pallu de Lessert?.
Il est probable que les legationes devaient être confiées à des membres du concilium, Mais nous ignorons si c'était là un principe absolu.
Ce qui est cerlain, c’est que les legati étaient choisis en général parmi les plus grands personnages, les summates de la province. Une novelle de Théodose le Jeune de 445 mentionne une legatio de la province de Mauritanie Sitifienne : elle comprend deux membres: l’un est un clarissime, comte et tribun, l’autre est un homme digne de louange, Ce sont encore, comme le remarque M. Guiraud‘, ou des avocats — le commune de Sicile délègue un des principaux membres de son barreau — ou des évêques, la Galice députe son évêque Idacef. Les premiers, fréquemment de
1. Mispoulet, Institutions politiques des Romains, I, 314-315.
2. Les assemblées provinciales et le culte provincial dans l'Afrique romaine (Bulletin des antiquités africaines, II, 36-38).
3. Numidarum et Maurorum Sitifensium nuper acta legatio quam Palladius v.c.(vir clarissinvus) comes et tribunus et Maximianus vir laudabilis probabiliter exsecuti sunt. (Nov. Theodos., XXIIT, in init.)
k. Ass. prov., p. 287.
5. Ambrosium de summatibus provincialis fori ad dominos et principes nostros Siciliæ commune legavit. (Symmachus, Epistolæ, I, xvir.)
6. Idatius episcopus ad Aetium ducem... qui expeditionem agebat in Galliis suscepit legationem. (Idatius Chronicon, Valentinianus, VIT. S. Prosper, Idatius, Marcellinus, édit. Migne. p. 880.)
famille sénatoriale!, étaient, nous l'avons vu, les candidats recommandés par les empereurs pour le sacerdotium provinciæ, et les seconds obtenaient souvent, comme nous l’avons remarqué, grâce au titre defensores civitatis et à une faveur personnelle du prince, l'entrée au concilium.
Parfois aussi, les provinces choisissaient encore, comme au temps du Haut-Empire, des philosophes pour les représenter. C'est ainsi que l'Épire chargea Iphiclès de porter à l'empereur les actions de grâces que lui arrachait son gouverneur?.
. La legatio était généralement recherchée des M bites
Sidoine Apollinaire à tracé un tableau animé des intrigues auxquelles on se livre pour l’obtenir. Sans doute dans ce passage il s’agit d’une {egatio municipale, mais la brigue ne devait être que plus forte pour une legatio provinciale. « Beaucoup, dit-il, beaucoup, bien souvent, que pousse une exécrable ambition, vont serrer la main aux plus influents, les font sortir de la salle, et, quand ils sont seuls avec eux, leur prodiguent les embrassements, les cajolent, et leur promettent un dévouement qu'on ne leur demande pas. »
La legatio était en principe un munus obligatoire, mais il existait les mêmes causes d’exemption que dans le droit classique. Une nouvelle semble pourtant avoir été ajoutée, et les vétérans, en vertu des immunités que leur conféra Constantin en 320‘, paraissent avoir élé dispensés de cette charge.
Les legati recevaient un legativum. Ce legativum était destiné à couvrir les sumptus ou frais de voyage. Ces frais
1. Lécrivain, Le Sénat romain depuis Doiclétien à Rome et à Constantinople, p. 50.