Jullian, article AuGusre dans la Grande Encyclopédie
k. Id. Compte rendu des Assemblées provinciales dans l'Empire romain, de Guiraud (Revue historique, novembre-décembre 1889, p. 402).
5. Laboulaye, Essai sur les lois criminelles des Romains concernant la responsabilité des magistrats, p.57.
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souveraineté fut transférée du sénat au prince, il parut naturel de transporter au prince le culte qu'on rendait au sénat. Peut-être même, comme le pense Spanheim!, le culle du sénat subsista-t-il à côté de celui de l’empereur. Ce qui est certain, c’est que le culte de Rome et d’Auguste eut un éclat, une importance, que n'avait jamais eues le culle de Rome et du sénat.
Le culte de l’État et du souverain peut nous sembler étrange. Il s'explique cependant. Le monde antique avait admiré dans le sénat « une assemblée de rois ». Fatigué par un siècle de dissensions?, il avait admiré en Auguste le restaurateur de la paix publique“. « C’est grâce à toi que nous vivons, que nous naviguons, que nous jouissons de notre liberté et de nos biens », lui disaient à la fin de sa vie les marins d'Alexandrie en répandant de l’encens à ses pieds *.
Or, « ce que nous aimons, ce que nous admirons, nous sommes toujours près de l’adorer* ». Dans le Richard IT de Shakspeare, quand Bolingbroke accorde à la duchesse d’York la grâce de son fils, cette mère s’écrie : « Tu es un
paruxh oauiverar n modireis. à Ôn x modo! Toy ‘ElAvuwy, éuolwc CÈ za Tôvy Bas:héwVy, TemelopévoL TuyHdvOUGt, ÊLù TO TO DV TEyUATA GYEÔdV TÉVTE TV cuyxhnroy xvpodv. (Polybius, VI, xur, 8, 9, édit. Teubner.)
1. De præstantia et usu numismatum antiquorum, Dissertatio IL 63; tp. 189.
2. de discordiis civilibus fessa nomine principis sub imperium accept. (Tacitus Annales, I. 1.)
3. Pacato orbe terrarum, restituta republica, quieta deinde nobis et felicia tempora contigerunt (Laudatio funebris Turiæ, lignes 26- 27). — Giraud, Éloge funèbre d'une dame romaine (Journal des savants, avril 1870, p. 250).
k. Forte Puteolanum sinum prælervehenti (Augusto)-vectores nautæque de navi Alexandrina, quæ tantum quod appullerat, candidati coronatique el tura libantes, fausta omina et eximias laudes congesserant : & Per illum se vivere, per illum navigare, libertate ac fortunis por illum frui. » (Suetonius, Octavius Augustus, XGVIIL.)
5. Mgr Bougaud, Le christianisme et les temps présents, t. I, 2° édit., p. 79.
SOUS LE HAUT-EMPIRE. &l
dieu sur terre!. » Tant l’homme se sent encore entrainé à faire de l’objet de sa gratitude l’objet de son adoration! Si ce penchant a encore aujourd’hui tant de force, quelle puissance ne devait-il pas exercer sur l'esprit des anciens, pour qui un dieu n’était au fond qu’un homme supérieur aux autres, et qui étaient toujours prêts à rendre un culte à quiconque dépassait le niveau commun de l'humanité?!
Le culte du souverain en particulier n'était pas une nouveauté. L'Orient avait toujours adoré la divinité de ses rois : Ramsès le Grand se qualifiait fils du dieu Phra, fils du soleil et dieu des deux horizons”; Alexandre lui-même s'était fait dresser des autels*. Le souvenir d'Alexandre ne fut peutêtre pas étranger à l'institution du culte de Rome et d’Auguste. Un rapprochement tendrait à le faire croire : Alexandre se piquait d’être un nouveau Bacchus; or, d’après Servius, Bacchus dans Virgile serait la personnification E César.
Quoi qu’il en soit, ce fut de l’Orient que vinrent les premiers adorateurs de la divinité d’Auguste. Octave était à peine vainqueur à Actium que les Asiatiques sollicitaient la permission de lui élever des temples à Pergame et à Nicomédie (29 av. J.-C.).
Le culle avait pour objet Rome et Auguste, c’est-à-dire l'État et le souverain régnantf. On trouve aussi des iraces d’un culte de Rome et des divi ou empereurs défunts. Mais, si ce second culle fut à l’origine nettement distinct du pre-
TE EN MP COTE À god on earth thou art.
(Shakspeare, King Richard IT, acte V, scène 111 : Complete Works, édit. Dicks, p.189, col. 2.)
2° Guiraud, Ass. prov.,p. 11.
3. F. de Lanoye, Ramsès le Grand ou l'Egypte il y a trois mille trois cents ans, p. 149, 155.
&. Abbé Beurlier, De divinis honoribus quos acceperunt Te der et successores ejus (Thèse de doctorat ès lettres de Paris, 1891, pe)
5. Michelet, Histoire romaine : République, t. I, p. x. 6. Guiraud, Ass. prov., p. 32.
mier!, il semble s'être confondu bientôt avec lui non seulement en Espagne, comme le pensait M. Ernest Desjardins? mais dans tout le monde romain 5.
Voyons maintenant à quelle époque on trouve trace de l'institution du culte de Rome et d’Auguste et des assemblées provinciales qui s’y rattachent dans les provinces gauloises.
La Narbonnaise était la plus anciennement conquise et la plus complètement romanisée de toutes les provinces gauloises. D’après Marquardt ‘ et Jung”, le concilium de la Narbonnaise remonterait au règne d’Auguste, et M. G. Boissier fixe à 7646 (2 ans ap. J.-C.) l’époque de l'établissement à Narbonne de la religion impériale. Herzog” conteste cette dale. Pour lui, et son opinion semble partagée par M. Guiraud’, les assemblées provinciales de la Narbonnaise ne remonteraient pas au delà du milieu du premier siècle de notre ère. Une découverte récente est venue clore ou plutôt circonscrire le débat. Au mois de janvier 1888, M. François Delprat a trouvé, en exécutant des travaux de terrassement dans un champ de la banlieue de Narbonne, un fragment de bronze recouvert d’une inscription. Ce fragment, qui a été acquis par mon oncie, M. Adolphe Démy, et donné par lui au Louvre, renferme une partie d’une loi sur l’assemblée provinciale de la Narbonnaise, Il ne porte aucune date. Mais M. Héron de
1. Abbé Beurlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs romains, p. 18.
2. Le culle des divi et le culle de Rome et d'Auguste (Revue de philologie, t. III (1879), p. 33 et suiv.).
3. Abbé Duchesne, Le concile d'Elvire et les flamines chrétiens (Mélanges Renier, p. 164, Bibliothèque de l'École des hautes-études, fasc. 73).
k. De conciliis et sacerdotibus provinciarum romanarum (Ephemeris Epigraphica, t. 1 (1872), p. 203).
5. Die romanischen Landschaflen des Rümisches Reichs, p. 212.
6. La religion romaine d'Augusteauæ Antonins (2° édit.), t.1, p. 131.