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Lol LES ASSEMBLÉES PROVINCIALES
disparut, dit M. Fustel de Coulanges', l’Église chrélienne portait en elle une image des institutions de l’Empire et une partie de son esprit. Par l’Église, les traditions politiques ct les habitudes administratives de l’Empire passèrent aux générations suivantes. »
Les assemblées ecclésiastiques sont appelées conciles. Elles conservent de multiples vestiges des anciennes assemblées provinciales’. Ces vestiges sont reconnaissables dans leur nom, dans leurs ressorts, dans leur hiérarchie, dans certaines prérogatives de leurs membres, dans leur composition, dans leurs attributions.
Leur nom d’abord, si nous en croyons la filiation des sens indiquée dans les lexiques*, est emprunté aux concilia provinciæ.
Puis, quoique à l’origine les ressorts ecclésiastiques ne correspondissent pas aux ressorts civils, quoique l'Église gardât toujours son droit d’avoir des circonscriplions propres et, suivant l’expression d’Innocent [*, « de ne pas se plier à la mobilité des choses humaines‘ », il était naturel que la limite physique d’une région qui étail celle du district politique devint celle de l’arrondissement ecclésiastique. C’est ainsi qu’à partir de Constantin et du concile de Nicée (325) les divisions ecclésiastiques tendirent à se modeler de plus en plus sur les divisions civiles.
Il y avait dans l’administralion romaine {oute une hiérarchie de circonscriplions. Il y avait le diocèse et la province, et chacune de ces divisions avait ses assemblées. Il pouvait même y avoir dans un diocèse une assemblée de plusieurs
1. Histoire des institutions politiques de l'ancienne France : l'invasion germanique et la fin de l'Empire, p. 71-72.
2. Allmer, Musée de Lyon, Inscriptions antiques, t. II, p. 55.
3. Vicat, Vocabularium utriusque juris, voy. GonciLium. — Forcellini, Totius latinitatis leicon, voy. Conaium. Édit. de Vit.,t. II, p.347.
4. Abbé Beurlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs romains, p. 316.
provinces constituées pour ainsi dire en syndicat. De même il y a en Gaule un vicariat apostolique élabli à Arles. L'évêque d’Arles, en vertu d’une concession du pape Zosime en 417!, portait le litre de vicaire du Saint-Siège et pouvait convoquer les évêques du diocèse civil tout entier. Les évêques de plusieurs provinces d’un diocèse civil étaient aussi groupés sous un évêque qui recevait le titre de primat : cette dignité fut conférée à l’évêque de Vienne, à l’évêque d’Arles, à l'évêque de Bourges et à l’évêque de Sens. Enfin au-dessous encore se trouvait l’assemblée d’une seule province ecclésiastique, c’est-à-dire de tous les évêques ayant le même archevêque pour métropolitain ?. [1 y avait donc sinon correspondance exacte dans les degrés, du moins parallélisme dans l’ensemble entre la hiérarchie administrative et la hiérarchie ecclésiastique.
Ensuite un certain nombre de prérogatives appartenant aux anciennes assemblées provinciales s'étaient perpétuées en faveur des conciles : c’est ainsi que le cursus publicus subsistant même après l'établissement des barbares et jusque sous les derniers Mérovingiens”, les évêques qui en avaient profité sous Constance‘ et sous Valens’ en bénéficient encore sous Chilpéric II et même sous Charlemagne’, comme les legati en jouissaient sous les empereurs.
Enfin la composition et les attributions des conciles les rapprochaient des concilia provinciæ, et c’est ainsi que l’on s’est demandé si la constitution d’'Honorius ne s’appli-
1. Abbé Gorini, Défense de l'Église contre les erreurs historiques de MM. Guizot, Thierry, etc., 3° édit., I, 133.
2. Flandin, Des assemblées provinciales dans l'Empire romain, p. 66. > 3. Lehuerou, Histoire des institutions carolingiennes et du gouvernement des Carolingiens, p. 468.
k. Ammianus Marcellinus, XXI, xvi, 18. — Chateaubriand, Æfudes historiques, Il, 1, Œuvres, I, 330.