‹ Les Assemblées Provinciales De La Gaule RomaineChapitre 31 sur 324 · Tacitus, Annales, I · texte numérisé non relu

Tacitus, Annales, I

3. Abbé Beurlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs romains, p. 22, n. k.

L, La Leæ concilii provinciæ Narbonensis, d'après les HUE récents (Bulletin critique du 1‘ janvier 1890, p. 11).

5. Ti. Cæsaris Divi Aug. f. Augusti miles missicius T.Julius Fesus. (C; I. L., t. XII, 3179.)

Nous pensons donc, avec MM. Alibrandi et Mommsen, que celle loi remonte au règne d’Auguste. Elle ne remonte certainement pas au delà de 26 avant notre ère, puisque ce n'est qu’à partir du 13 janvier 727 de Rome (26 av. J.-C.) qu'Auguste porte le titre d’imperator! qui lui est donné par la plaque de Narbonne. M. Alibrandi?, rappelant que c’est en l’an 11 de nolre ère que les habitants de Narbonne se vouèrent à la divinité d'Auguste, propose la date de l’an 12 ou 13 ap. J.-C. D'ailleurs la forme des lettres de l'inscription comme le caractère de la loi qu’elle contient, loi détaillée qui suppose un culte déjà développé, sont d’accord pour en reporter la date à la fin du règne d’Auguste.

La date de la fondation de l'assemblée des trois Gaules à Lyon nous est mieux connue. Divers documents nous permettent de la fixer. Suélone nous rapporte que Claude naquit à Lyon aux calendes d'août sous le consulat de Julius Antonius et de Fabius Africanus le jour même de la dédicace du premier autel érigé à Auguste en ce lieu’, Or, d’après les Fastes consulaires, ce consulat se place l’an 744 de Rome, 10 avant notre ère. La date serait donc le 1* août de l’an 744 de Rome, 10 avant notre ère. Dion Cassius nous fait connaître que Drusus alors gouverneur des Gaules saisit l’occasion de la dédicace de cet autel pour rassembler autour de lui les principaux de la Gaule et s'assurer de leur obéissance au moment de partir pour la campagne contre les Sicambres‘. Ainsi une assemblée des trois Gaules, la

1. Mispoulet, Institutions politiques des Romains, t: T, p. 235.

2. Sopra una legge romana contenutu in una iscrizione narbonese (Bullettino dell Istituto di diritlo romano, anno I, p. 193). — Cf. Abbé Beurlier, Essai sur le culte rendu aux empereurs romains, p. 29, n. 3.

3. Claudius natus est Julio Antonio, Fabio Africano consulibus, kalendis Augusti Lugduni, eo ipso die quo primum ara 1bi Auguslo dedicata est. (Suetonius, Claudius, IT.)

L, T6 ve bnhxoov npoxatélabe, rod mpwrouc adToŸ, rpopdcer Tic Éoprhs nv Hat vdy mept roy vod AÛyolorou fBwudv év Aouydovve tTehoüot, peranemhduevos. (Dio Cassius, LIV, xxxu, 1.)

plus ancienne que nous connaissions, se tint à l’époque de la dédicace de l’autel de Rome et d’Auguste. Il se présente là une légère dissidence de chronologie. D’après les annales de Dion Cassius, cette réunion se rapporterait au consulat de P. Quirinus et M. Messala, qui date de l’an 742 de Rome, 12 avant notre ère’. Mais la date donnée par Suétone, bien plus précis ici que Dion, nous semble préférable. Ce qui vient la corroborer, c’est qu’on trouve des monnaies de la fabrique impériale de Lyon dalées de l’an 12 et de l’an 10 et portant à leurs revers un taureau cornipète et non pas encore l’autel de Lyon°. C’est seulement sous Tibère que nous trouvons des médailles de bronze représentant ce monumentÿ.

Ainsi nous connaissons la date de l’entrée dans l’histoire des assemblées provinciales des trois Gaules; il est permis de supposer que des assemblées de principes, non encore il est vrai consacrées au culte de Rome, avaient déjà eu lieu précédemment à Lyon. C’est ce qu’insinue M. Ernest Desjardins, mais nous manquons de tout renseignement à cel égard.

La date de l'institution des assemblées provinciales dans la petite province des Alpes-Maritimes nous est moins bien connue, La seule date que M. Guiraud* relève dans l’existence du concilium de cette province entre Italie et Gaule est la mention dans une inscription* d’une statue élevée en 198 à Sévère par la province. D’un autre côté on trouve une inscription de Cimiez mentionnant un duumwvir de Fréjus, flamine provincial des Alpes-Maritimes®. Cette inscription

1. Ernest Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, t. I, p. 187. — Abbé Beurlier, Essai sur le culle rendu aux empereurs romains, p. 19.

2. Fr. Lenormant, La monnaïe dans l'antiquité, t. Il, p. 186.

3. Ernest Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, t. III, p. 188.

k. Ass. Prov., p. 56, n.5.

SACADERER w, 7979. Ù

6. Flavio Po fiio Quir. … abino. decurioni. Ilviro salin. civita-

date de l’an 181 après notre ère. Il y avait sans doute longtemps à celte époque que le culte de Rome et d'Auguste était institué dans cette province. Mais nous ne pouvons préciser la date de son établissement.

On sait qu’au temps d’Auguste les deux provinces de Germanie étaient rattachées à la Gaule. Rien ne nous révèle l'existence d’un concilium dans la Germanie supérieure. Mais pour la Germanie inférieure, Tacite nous apprend que, parmi les Germains que Ségeste envoya auprès de Germanicus venant restaurer la gloire des aigles romaines ternie par le désastre de Varus, se trouvait son fils nommé Sigimond, particulièrement anxieux : car, créé prêtre de l’ara Ubiorum l’année de la défection des Germains, il avait déchiré ses bandelettes et s'était enfui auprès des rebellest. Ainsi il y avait eu dans cetle province établissement du culte de Rome et d’Auguste. Or c’est en l’an 9 après notre ère (an de Rome 762) qu’eut lieu le soulèvement des Germains. M. Guiraud? pense que cet autel devait servir, dans la pensée d’Augusle, « de centre politique et religieux aux habitants de la rive droite du Rhin ». Ilestime que l’ara subsista après les revers des Romains dans ce pays, mais ne servit de ralliement qu'aux hommes des deux Germanies ou de la Germanie inférieure. C’eût été comme une sorte d'autel de Lyon des bords du Rhin. Mais M. Marquardt5, peut-être par patriotisme et pour effacer du sol de la Germanie ce stigmate de la domination romaine, soutientque l’ara Ubiorum disparut après la défaite de Varus, et que le culte de Rome et d'Auguste ne fut jamais rétabli dans cette contrée.

tis suæ Ilviro forojulhiensis, flamini province. Alpium Maritimarum optimo patrono. (C. I. L., t. V, 7907.)

1. Addiderat Segestes legatis filium nomine Sigimundum; sed juvenis conscientia cunclabatur : quippe anno quo Germaniæ descivere, sacerdos apud Aram Übiorum creatus, ruperat viltas profugus ad rebelles. (Tacitus, Annales, I, 57.)

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