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Ephemeris Epigraphica, t. VI, p

à. Ubi rumore delatulm] [e]st questus lanistarum recisos, fiscum omnem üllam pecuniam quasi contaminatam reliquisse, statim sacerdotes fidelissimaruwm Galliarum vestrarum concursare. gaudere,

‘inter se loqui. Erat aliquis qui deploraverat fortunas suas creatus sacerdos, qui auæilium in provocatione ad principes facla conslituerat. Sed ibidem ipse primus et de consilio amicorum : « quid müihi jam cum appellatione? » (Inscription d'Hispalis, lignes 14-18, Ephemeris Epigraphica, t. VII, p. 385.)

Mommsen‘ et M. l'abbé Beurlier?, était un recours direct et non un appel contre une décision du gouverneur.

Les sacerdotes se recrutaient en général parmi les familles aristocratiques. Comme l’a remarqué M. Guiraud’, on trouve dans les trois Gaules deux familles ayant chacune fourni deux prêtres à l’autel de Lyon, l’une C. Pompeius Sanctus et son fils M. Pompeius Libo, l’autre Q. Licinius Tauricus et son fils Q. Licinius Venator. Mais le fait est rare partout et en Gaule particulièrement. D’ailleurs les empereurs recommandaient la dispersion de ces onéreux honneurs; dès les Antonins, la désertion des curies commençait ‘, et Ulpien* conseillait aux gouverneurs de répartir équilablement les charges en proportion de l’âge et du mérite.

Ces sacerdotes appartenaient fréquemment aux carrières lettrées; souvent on choisissait pour sacerdotes, surtout dans les villes helléniques, des rhéteurs ou des sophistes, les beaux esprits du temps, enchanteurs d'oreilles dont le peuple grec, race de dilettanti, goûtaït les périodes. L’auteur de l’Ane d’or fut sacerdos de l’Afrique proconsulaire”, et nul doute qu’il ne dût la robe de pourpre au clinquant qui brillantait son style. Les sacerdotes étaient souvent appelés à négocier avec les grands, à prononcer des discours d’apparat: aussi cette fonction convenait-elle parfaitement à des

. Observationes epigraphicæ (Ephemeris epigraphica, VIL, 407).

. Essai sur le culte rendu aux empereurs, p. 347-348.

. Ass. prov., p. 87.

. Guiraud, Ass. prov., p. 87.

. Beaudouin, Le majus et le minus Latium, p. 52.

. Præses provinciæ provideat munera et honores in civitatibus æqualiter per vices secundum ætales et dignitates, ut gradus munerum honorumque qui antiquitus statuti sunt, injungi : ne sine discrimineel frequenter tisdem oppressis, simul viris et viribus respublicæ destituantur. (Ulpianus, lib. II Opinionum. — Dig. L, 1v, 3 $ 15.)

.. 7. S. Augustinus, Epistolæ, CXVIIT, 1v, n. 19. Opera, édit. Migne, t. Il, p. 534. — Pallu de Lessert, Les assemblées provinciales et le culte provincial dans l'Afrique romaine (Bulletin des antiquités africaines, t. IT, p. 45).

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rhéteurs; ils étaient beaucoup moins aptes à loute autre, d’un caractère plus pratique. C’est peut-être ainsi que s’explique l'espèce de dédain avec lequel saint Augustin, peu favorable d’ailleurs à Apulée, déclare qu’il n’a pu parvenir qu’au sacerdotium.

Aucune cité n’avait le monopole de fournir les sacerdotes ; on cherchait au contraire à ne pas exciter les jalousies locales, et il s’établissail une sorte de roulement entre les cités, comme le remarque M. Guiraud': c’est ainsi que les inscriptions nous ont révélé un flamine de la Narbonnaise originaire de Vienne et deux de Nîmes. A l’autel de Lyon trois prêtres sont Éduens, deux Carnutes, deux Arvernes, deux Lemovices, deux Pétrocoriens et douze autres appartiennent à douze cités différentes?.

La résislance opiniâtre à la domination romaine n'était pas toujours un motif d'exclusion; le sacerdotium pouvait devenir un moyen de ralliement, C’est ainsi qu’on voit en Gaule le nom d’un des adversaires les plus acharnés de César, Lucterius, célèbre dans la guerre de l'indépendance, porté par un prêtre de l'autel de Lyon.

Le sacerdos provinciæ avait trois fonctions. Il était à la tête du concilium provinciæ. Il célébrait les cérémonies du culte de Rome et d’Auguste. Il présidait les jeux solennels de la province.

Il était à la tête du concilium provinciæ. Chez les Romains, la présidence d’une assemblée appartenait au magistrat qui l'avait convoquée. Il en était ainsi et du sénat romain que présidaient les magistrats qui l’avaient réuni, généralement les consuls’, et de la curie, que présidaient aussi les magistrats qui l’avaient assemblée, généralement les duumvirs’.

2, Marquardt, De conciliis et sacerdotibus provinciarum romanarum (Ephemeris Epigraphica, t. I, p.203 et suiv.).

3. Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, t. IT, dE 193.

&. Willems, Droit public romain, p. 199.

5. Mispoulet, Instilutions politiques des Romains, t. II, p. 120.

C'étaient eux qui, dans l’une comme dans l’autre de ces assemblées, faisaient les communications importantes, déclaraient les discussions ouvertes ou closes et mettaient aux voix l’objet de la délibération. C’étaient eux qui, au début de la séance, faisaient la relatio, lecture du feuilleton ou ordre du jour, et étaient, après le vote, chargés de l’exécution des mesures prises?. Le flamen provinciæ jouait sans doute dans les séances du concilium un rôle analogue. Il est à remarquer que c’est dans l’administration romaine le seul sacerdos investi de la présidence d’une assemblée, car le flamen dialis à Rome pouvait bien assister aux séances du sénat, mais n’en avait pas la présidence’, et dans les curies ce sont les duumvirs‘ et non les sacerdotes municipaux, membres pourtant de la curie*, qui la président. Cette particularité s'explique : d’abord le concilium provinciæ avait à l’origine un caractère essentiellement religieux. Ensuite ce prêtre était le seul élu de la province, ou du moins de ses représentants, et, à son défaut, le concilium n'aurait pu être présidé que par le gouverneur, c’est-à-dire par un étranger. $

Il célébrait les cérémonies du culte de Rome et d’Auguste. Ces cérémonies avaient lieu à certains jours déterminés. C’est ce que nous a révélé l'inscription de Narbonne, qui permet au flamine sorti de charge de revêtir sa robe de pourpre les jours anniversaires de ceux où, flamine en fonctions, il accomplissait les sacrifices‘.

Quels étaient ces jours? C’étaient certainement les jours

1. Houdoy, Condilion et administration des villes chez les Ro= marins, p. 269.

. 9, Id., tbid., p. 268.

3. Bouché-Leclercq, Manuel des institutions romaines, p. 514.

h. Id., ibid., p. 183.

. 5. Mispoulet, Institutions politiques des Romains, t. II, Dr. 195, n.13.— La plaque de bronze de Narbonne (Bulletin critique du 15 mai 1888, p. 191). |

6. Eisque diebus quibus, cum flamen esset, sacrificium fecerit, ea veste pur [purea]. (Inscript. de Narbonne, ligne 16.)

de réunion du concilium. Mais ce n'étaient pas, comme on pourrait être tenté de le croire, comme l’amême dit M. Pallu de Lessert!, le jour de la fête de l’empereur, variable avec la date de la naissance du souverain, et celui du renouvellement de l’année, qui tombait le 1* janvier. C'étaient bien là des fêtes provinciales, mais elles n'étaient pas célébrées par le sacerdos provinciæ. C’élait le gouverneur qui les présidait?, comme le prouverait au besoin la correspondance de Pline et de Trajan*. 6

Les fètes du culte devaient être brillantes.

-.« À Lyon, la fête annuelle, dit M. Fustel de Coulanges‘; commençait par un sacrifice : les prêtres élus — l’auteur semble, on le voit, partager les opinions de Hübner sur la pluralité des membres du sacerdoce provincial — immolaient des victimes, faisaient brûler l’encens, récitaient les prières et les hymnes. On faisail ensuite un repas religieux en se partageant la chair des victimes... Représentons-nousencore, dit-il, les usages et les idées de cette époque, voyons ce grand prêtre s’avancer sous son brillant costume de pontife couvert d’une robe de pourpre brodée d’or, la couronne d’or sur la tête, et, au milieu de la grande assemblée silencieuse et recueillie, accomplir le pompeux sacrifice, pour le salut de l'empereur et pour le salut du pays. > D,

Enfin le prêtre provincial donnait es jeux. C'était, a on le sait, la charge, et la lourde charge, des dignités chez les Romains, de pourvoir à l’amusément du peuple. Ces jeux, dont nous parlerons à l’occasion des sessions du concilium, se donnaient aux frais, soit du concilium, soit du sacerdos provinciæ. Ils se donnaient aux frais du concilium, Car. un certain nombre de textes, sur lesquels nous reviendrons

. 1. Les assemblées provinciales et le culte provincial dans l'Afrique romaine (Bulletin des antiquités africaines, t. II, p. 21).

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