‹ Les Assemblées Provinciales De La Gaule RomaineChapitre 57 sur 324 · Musée de Lyon, Inscriptions antiques, t. II, p · texte numérisé non relu

Musée de Lyon, Inscriptions antiques, t. II, p

nom du père ne paraît pas dans les inscriptions relatives aux fonctionnaires du concilium'.

2° Le flamen avait le jus sententiæ dicendæ signandique, dans le concilium provinciæ et dans sa curie.

Nous étudierons dans le chapitre suivant le ‘droit du flamen de figurer dans le concilium provinciæ. Son droit de figurer dans sa curie ne doit pas nous étonner. Il était naturel qu'on fit entrer dans le sénat municipal de sa cité celui qui’avait rempli de si hautes fonctions dans la province, L'album de Thamugas, qui date seulement il est vrai du Bas-Empire, indique les sacerdotales provinciæ parmi les membres de la curie.

o Le flamen avait le droit d’assister aux jeux revêtu de la prétexte, c’est-à-dire de la robe bordée de pourpre.

Ces jeux étaient sans doute, comme le pense M. Guiraud?, non seulement les jeux donnés par le concilium, mais encore tous les jeux publics de la Narbonnaise.

ho Le flamen avaitenfin le droit de porter la robe de pourpre en public les jours anniversaires des sacrifices qu’il avait célébrés pendant son flaminat. Il est probable que ces jours étaient fixes et que ce droit revenait à celui de revêtir la robe de pourpre aux grandes solennités du culte provincial. On voit, comme on l’a remarqué’, que le prêtre provincial conservait dans son honorariat ses deux costumes : la petite tenue, qui était la robe prétexte blanche avec bordure de pourpre, costume des magistrats romains, la grande, la robe sacerdotale toute de pourpre.

Mais nous ne trouvons pas seulement dans les textes que

1. Allmer, Musée de Lyon, Inscriptions antiques, n° 109, t. II, p. 52.

2. Un document nouveau sur les assemblées provinciales de l'Empire romain (Séances et travaux de l’Académie des sciences VUE, t. CXXX, p. 271).

‘ 8. Guiraud. Un document nouveau sur les assemblées provin= ciales de l'Empire romain (Séances et travaux de l'Académie es sciences morales, t. CXXX, p. 271).

nous à légués l'antiquité des indications relatives au flamen provinciæ : dans plusieurs textes concernant la Narbonnaise et notamment dans la plaque de bronze de Narbonne il est question de la flaminica.

Qu'est-ce que la flaminica? Le nom indique lui-même qu'il s’agit d’une prêtresse.

La prêtrise conférée à une femme n'avait rien d’anormal aux yeux des anciens. La femme avait été l’associée nécessaire de l’antique religion domestique‘. Elle prenait part à toutes les cérémonies du culte chezles Aryens?,et, même après que le code de Manou eut rabaissé sa condition, on trouve encore dans le Rämäyana et le Mahäbhärata la femme célébrant dans le sanctuaire domestique les rites sacrés5. Primitivement, « la femme, dit M. Burnouf:, partage avec le mari toutes les fonctions d’où il peut tirer honneur et qui n’exigent pas la force du sexe viril. Elle offre avec lui le sacrifice; elle a sa place avec lui dans les cérémonies; elle va cueillir le sénia et la dürva sur la colline; elle a soin des vases sacrés; elle prépare, pour sa part, la cérémonie sainte. Elle peut composer des hymnes; le Vedu en cite plusieurs que la tradition attribue à des femmes; et quand même cette tradition serait erronée, le fait seul de cette attribution prouve qu’au temps où les hymnes ont été recueillis, les Indiens ne trouvaient pas déplacé que des femmes en eussent été les auteurs. L'enseignement religieux reçu ou transmis comptait donc alors parmi les attributions de l’épouse. » è

Ce pontificat féminin s'était transmis à travers les âges. Chez les Ioniens, la femme conserva les attributions religieuses qu’elle avait possédées dans les {emps primitifss.

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