CHAPITRE XV
OKNKRALITR DR LYON
(Lyonnais).
La généralilé de Lyon, la dernière du ressort du parlement de Paris, comprenait les deuv départements actuels du Kliône et de la Loire, qui n'ont ensemble ([lie l'étendue moyenne d’un département, et qui n’en ont d’abord formé qu’un. Elle se divisait en cinq élections; Lyon en Lyonnais, Villefranche en Beaujolais, Saint-Étienne, Montbrison et Roanne en Forez, qui forment aujourd’hui autant d’arrondissements.
L’assemblée provinciale se composait de quarante membres, et avait pour président M. Malvin de Montazet, archevêque de Lyon, membre de l’Académie française On peut encore signaler dans le clergé l’abbé de Castellas , doyen de l’église de Lyon , et le fameux abbé
1 L'^loquen^ Monta/et gourmandant les impies.
(Voltaire, RpHrt <i un 177<».)
ÎÎ4 J.Ks asskmbu;es puüvinciai.f.s.
Rozier, auteur du Diclionnaire de Physique el du Cours général d’agricnllure ; dans la noblesse, le marquis d’Albon, le marquis de Monspey, le baron de Rochetaillée; dans le tiers étal, M. Coudard, négociant en soieries, nommé aux états généraux en 1789, el M. de Gérando, père du conseiller d’Étal de ce nom. L’intendant de la province, commissaire du roi, était M. Terray, que nous avons déjà vu intendant de la haute Guienne en 1779 el assez mal disposé pour la nouvelle forme administrative. Les deux procureurs-syndics élus furent, pour les deux premiers ordres, le baron de La Roche, el pour le tiers étal M. Barou du Soleil, procureur général honoraire à la cour des monnaies.
Les proces-verbaux de cette assemblée ' ne présentent rien de bien saillant. Elle se réunit régulièrement du 5 novembre au 5 décembre 1787, et s’occupa des travaux ordinaires. Le discours d’ouverture de l’intendant, plus court et plus sec que ceux de la plupart de scs collègues, témoignait encore d’une certaine réserve ; celui de l’archevêque président respirait au contraire la plus parfaite confiance dans le succès de l’institution. I.e seul vole remarquable porta sur l’augmentation des vingtièmes, que l’assemblée refusa, en se fondant sur l'état de crise où se trouvait la ville de Lyon. Ce vole eut des conséquences assez graves. Après la clôture de l’assemblée, la commission intermédiaire’
• Un volume in-4, imprimé à Lyon, chez Aimé de La Roche.
• Le» procès-verbaux manuscriis de cette commission sont conservas aux archives de Lyon; j’ai pu en prendre cominuni-
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demanda an prévôt des marchands de tenir ses séances à riiôtel de ville ; mais les magistrats municipaux , poussés par rintendant, refusèrent. La commission fut contrainte de se réunir au château d’Oullins, près de Lyon, qui appartenait à l’archevêque, et là elle écrivit aux ministres pour se plaindre de ce procédé.
L’intendant s’ojjposait à l’impression des procèsverhaux sans son autorisation préalable ; les syndics généraux lui firent une réponse assez vive. « Nous sommes clurgés, monsieur, de vous témoigner l’étonnement de la commission sur l’interprétation que vous avez donnée aux ordres de M. le garde des sceaux en vous déterminant à empêcher par voie d’autorité la distribution des [uocès- verbaux que l’assemblée a fait imprimer en la forme de droit. La plus simple réflexion peut rétablir les choses dans l’état où elles doivent être, et la commission se flatte d’autant plus que votre opinion s’accordera avec la sienne sur cet objet, qu’ayant entre vos mains, depuis plusieurs jours, une expédition eu forme du procès-verbal, vous n’y avez sûrement rien trouvé qui puisse blesser l’ordre public. » L’intendant ayant persisté dans sa résistance, rarebevéque écrivit lui-même aux ministres, et la défense fut levée. 11 fut en même temps déeidé que les séances de la commission se tiendraient à l’avenir à l'iiùtel du Concert (|ui formait une dés dépendances de riiolel de ville.
Un mémoire lu à la commission à la fin de février
cation sur les indications de M. Dareste de La Chavanne, correspondant de l'Institut.