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vingt ans. L’assemblée exagéra, suivant l’usage, ses besoins et sa pauvreté, pour obtenir autant que possible de nouveaux secours; clic demanda au maréchal de Mailly, vu la rareté des bras, 300 hommes choisis dans les régiments sous ses ordres pour être employés aux travaux publics.
Le principal intérêt du Roussillon était alors, comme aujourd’hui, la grande entreprise de Port-Vendres. Vauban avait le premier appelé l’attention sur ce port, isoléà l'extrémitédii territoire; mais ses plans n’avaient reçu aucune exécution Jusqu’à Louis XVI. Le maréchal de Mailly n’avail pas eu de peine à exciter l’intérêt du jeune roi, dont la sollicitude pour la marine était bien connue, en faveur de cette crique déserte où n’abordaient que quelques bateaux pêcheurs, mais qui pouvait devenir à peu de frais uu port de commerce et de guerre important. 11 fut aidé par l’intcndanl, M. de Saint-Sauveur, qui a raconté lui-même en ces termes, dans un mémoire écrit en t78t>, les résultats de leurs efforts communs : « Les travaux de Port-Vendres ont occupé toute l’attention de M. le maréchal de Mailly, à qui on doit la création de ce port, établi en quinze années avec moins de t ,600,000 livresde dépenses, dont les fonds de la marine et de la guerre ont fourni plus de la moitié. L’ouvrage est à sa fin , et la province a un port de la plus grande sûreté, capable de recevoir des frégates avec plus de deux cents navires marchands de toute grandeur. Ce port est embelli avec toute la décoration possible et défendu par des batteries et par un
GÉNÉRALITÉ DK PKRPIGN'AN.
fort qui le rendant pour ainsi dire inattaquable. Il est en aciivilé enlièie, et les dmils du roi, plus que décuplés en 1788, ont déjà prouve combien il sert à raccroisscment du commerce du Roussillon. Il fallait peupler ce lieu : le roi achela, sur ma proposilion, des terrains autour du port pour bâtir des maisons, et ces terrains furent donnés à ceux qui se soumettaient à les construire. »
L’assemblée provinciale n’eut à s’occuper de Port- Vendres que pour demander la continuation des travaux, car rintendant forçait un pente tableau, et si toulélait très-bien commencé, rien n’était précisément flnj. Au milieu des quais nouvellement construits s’élevait un obélis(|ue dédié au roi, témoignage à la fois de reconnaissance et d’espérance. Le maréclial de Mailly jouissait toujours du même crédit auprès de Louis XVI, qu’il défendit de sa personne au 10 août, malgré ses quatre-vingt-quatre ans. Pendant la Révolution, tout fut abandonné; l’obélisque reçut, en 1793, de barbares outrages; le maréclial de Mailly mourut surl’écliafaud. lia fallu attendre jusqu’à la loi de 18i5, c’est-à-dire près de soixante ans, pour reprendre cette œuvre utile, qui n’est pas encore arrivée à son terme, et que doit prochainement compléter l’ouverture d’un chemin de fer. La situation de Port-Vendres au milieu d’une côte inhospitalière en fait un lieu de refuge précieux, et son importance s’csl fort accrue depuis la conquête de l’Afrique.
Le Roussillon n’acquittait pas de tailles, elles impôts
LKS ASSKMBLEES PROVINCIAI.ES.
y étaient fort modérés , puisqu’on n’y payait en tout, d’après Neikcr, que 13 livres 13 sols par tèlc. La prospcritc's’y développait rapidement. De grandes plantations de vignes, de nombreux défrichements datent de cette époque. La province était déjà abonnée pour les vingtièmes; l’assemblée consentit en principe à l’augmentation demandée, mais en réduisant son offre à la modique somme de 20,000 livres, « non comme une preuve de ses forces réelles, mais comme un gage de sa fidélité et de son obéissance. » Quand il fut question d’attribuer au clergé sa part de cet impôt, l’éveque d’Elne, président, dit qu’une assemblée générale du clergé devant se réunir au mois de mai suivant pour délibérer sur ce sujet, il demandait un sursis jusque-là, se déclarant d’avance prêt à se soumettre à la décision du roi, ce qui fut accordé sans discussion.
La société royale d'agriculture de la province ayant tenu pendant la session une séance publique, l’assemblée tout entière voulut y assister. Elle entendit en outre un rapport du bureau du bien public sur les besoins de l’agriculture locale. Le bureau y insistait sur la nécessité de reboiser les montagnes et de couvrir de plantations les bords des torrents jusqu’à leur emboucliure. pour rompre la violence de leurs eaux. Rappelant les merveilleux effets des anciens canaux d’arrosage qui fertilisaient depuis neuf siècles une partie du Roussillon, il proposait d’en ouvrir de nouveaux et d’y consacrer, outre les souscriptions particulières, les fonds des ateliers de charité. Il réclamait la suppression
GENERALITE DE PERPIGNAN.
OU la rédudion du droit perçu sur les huiles, qui mellait obstacle à la culture de l’olivier. Reclierchanl la cause du bas prix où étaient tombés les vins, il se demandait s'il ne serait point possible d’ouvrir des souscriptions pour envoyer directement des bâtiments chargés de vin en Angleterre et en Amérique. Enfin, le pays produisant des laines qui avaient alimenté autrefois un grand commerce de draperie, il proposait, pour les améliorer, l’achat de deux cents béliers des meilleures races d’Afri(|ue et d’Espagne. Ce projet ne put recevoir de réalisation immédiate; mais, exécuté douze ans après, il a doté le Roussillon d’une race ovine estimée.
Pour la formation des assemblées secondaires, la province était divisée en deux districts, subdivisés euxmêmes en sept arrondissements, chefs-lieux Perpignan, EIne, Thuir, Arles, Vinça, Olette et Saillagousse. Ces bourgs ne sont aujourd'hui que des chefs-lieux de canton. l a seconde ville du déparlement et la plus riche en souvenirs, Elue, dont le nom vient de l’impératrice Hélène, mère de Constantin, n’est plus même un cheflieu de canton.