CHAPITRE XXV
G E N B R A L t r li D ’ A U C U
(Gnscogiic).
géiicralilé d’Audi comprenait à peu près le déparlernent actuel du Gers, avec des fractions des départements voisins. Elle se divisait en cinq élections : Armagnac, Lomagne, Rivière-Verdun, Comminges et Astarac, qui formenl aujôurd’hui huit arrondissements: Audi, Mirande, Lectoure et Lombez dans le département du Gers, Castel-Sarrasin dans le département de Tarn-el-Garonne, Muret et Saint-Gaudens dans la Haute-Garonne, Saint-Girons dans l’Ariége. Formée dans son ensemble de contrées montagneuses ot complètement délaissée par le gouvernement central, cette généralité passait pour la plus pauvre et la moins peuplée; elle ne contenait, d’après Necker, que 603 habitants i>ar lieue carrée, ou 30 par 100 hectares.
On fut plus sage à Audi qu’à Bordeaux, et on s’en
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truiivabicn. Uuoique la généralité appartînt au ressort du parlement de Bordeaux^ il n’y fut tenu nul compte de l’arrêt de défense. L’assemblée provinciale répondit avec empressement à l’appel du roi. Elle se composait de quarante membres. L’archevêque d’Auch, M. de La Tour-du-Pin-Montauban,la présidait. Aprèslui venaient, dans le clergé, l’évêque de I.cscar (M. de Noé) comme abbé de Simorre, l’évêque de Lectoure (M. de Cugnac), l’évêque de Comminges (M.d'Osmont) et l’évêque de Ck)userans (M. de Lastic); dans la noblesse, le manpiis d’Angosse, gouverneur et grand sénéchal d’Armagnac, nommé plus tard aux états généraux, le comte de Noé, le comte de Montesquiou-Fezensac, frère aîné de l’abbé de Montesquiou, un président au parlement de Toulouse et un avocat général au môme parlement, .M. de Catelan, dont l’arrestation et la captivité allaient bientôt faire tant de bruit. L'intendant de la généralilé, M. Bertrand de Boucheporn, était commissaire du roi. Les procureurs-syndics étus furent, pour les deux premiers ordres, l’abbé d’Arrêt, grand-vicaire d’Auch, et pour le tiers état, M. Boubée, avocat au parlement cl juge général de l’archevêché.
Celte généralilé n’eu formait im’une auliefois avec, celle de Monlauban; on les avait séparées eu t"lî>. Quand M. d’Étigny en fut nommé intendant, en 1751, il la trouva dans l’état le plus misérable. Sans roules, sans industrie, sans commerce, réduite aux seules ressources d’une agriculture sans débouchés, elle ne parvenait qu’avec des efforts inou'is à réunir le numéraire
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iiôccssaire pour payer l’impôt. L’administration de M. d’Étigny dura seize ans; il mourut en tCGT. Ce fut un des précurseurs de Turgot. Il provoqua l’établissement d’une société d’agriculture à Audi, une des premières qui furent fondées après celle de Paris. 11 traça un grand système de routes qui traversaient la province dans tous les sens, et en fit exécuter une partie avec le seul secours des corvées. Grâce à lui, le pays put exporter une quantité croissante de ses produits pendant les dernières années de Louis XV. Comme M. de Tourny à Bordeaux, mais dans un cadre plus étroit, il dota son modeste chef-lieu de nombreux embellissemenls. La ville d'Auch lui a érigé une statue.
Les principaux soins de l’assemblée d’Auch se portèrent sur les travaux des chemins, si importants pour une contrée qui n’avait point de rivières navigables, et où de nombreuses chaînes descendant des Pyrénées interceptaient les communications. Reprenant l'œuvre de M. d Éligny, elle poursuivit le réseau commencé, mais sans engouement et sans précipitation. On sent dans ses délibérations qu’elle est avant tout préoccupée du désir d’aggraver le moins possible les charges publiques. Elle n’entcudil pas moins de huit rapports du bureau des chemins sur tous les détails de ce service. Le nouvel édit, qui ordoiinail la conversion de la corvée en une prestation en argent, excitait une certaine rumeur dans la province, où l’argent était rare; elle demanda au roi l’aulorisation de substituer au rachat forcé l'option volontaire.
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Encore aujourd’hui, le département du Gers n’a véritablement que deux produits, les blés et les vins; mais il possède la plus grande culture de blé qu’il y ait en France, et il occupe le quatrième rang pour l’étendue de ses vignobles; il n’a avant lui que l’Hérault, la Charente-Inférieure et la Gironde. Il peut jeter, année commune, dans la circulation générale, déduction faite de sa propre consommation , 500,000 hectolitres de blé et un million d’hectolitres de vin, soit en nature, soit converti en eau-<le-vie. Ces énormes masses des denrées les plus encombrantes exigeraient les moyens de transport les plus perfectionnés, et il n’a eu longtemps que les plus défectueux. On peut dire sans exagération que, s’il avait été placé sur le Irord de la mer ou seulement traversé par quelque grand fleuve , la richesse totale y serait quadruple. Il pourrait aisément récolter le double desa production actuelle, et en 1787, il en récoltaità peine la moitié, faute d’un écoulement suffisant. Le vin surtout, qui semble destiné à faire de plus en plus sa richesse, n’y atteignait qu’un prix illusoire; de nos jours même, on l’a vu à 5 francs l’hectolitre.
D’un autre côté, cette région a toujours été sujette, par sa position au pied des montagnes, à deux grands tléaux,la grêle etl’i nondation, et defréquentes épizooties, résultat inévitable des brusques alternatives dans la production des fourrages, la désolaient périodiquement. L’assemblée provinciale s’occupa de ces diverses questions avec cette prudence pratique qui cherche les véritables remèdes. L’élection d’Astarac, la plus exposée à