‹ Les assemblées provinciales sous Louis 16Chapitre 32 sur 46 · I.KS AS'.KMBLKES l‘UO\ l.WIAl.KS · texte numérisé non relu

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tenir pour maximes inviolables; (inc les étals de la province étaient composés de trois chambres et de trois ordres, qu’il n’était pas permis aux états d’en changer la constitution clqu ellc ne pourrait être modifiée que par /a nation /'ranc-fonifoése assemblée par individus, que les députés aux états généraux devaient être nommés par les étals de la province et non par les bailliages, que les étals généraux devaient être convoqués, dans la forme de ICI l, en nombre égal pour chaque ordre, que les députés ne pouvaient rien changer à la constitution des ébds généraux, et (|ue ce droit n’appartenait qu’à la nation entière assemblée individuellement, etc. La chambre de la noblesse aux étals de la province avait décidé qu’elle n’admettrait dans son sein que les gentilshommes ayant cent ans de noblesse : le parlement annulait celte décision comme inconstitutionnelle et reconnaissail le droit d’entrée et de vote à tout gentilhomme possédant fief.

Une émeute populaire éclata contre le parlement à Besançon; les maisons de plusieurs membres de la cour furent insultées, et ils se crurent dans la nécessité de prendre la fuite. Le marijuis de Langeron, qui avait succédé dans le commandemenlde la piovince à .M. de Saint-Simon, était l’ami de Necker cl le partisan de si s idées; il arrivait tout exprès de la cour pour faire exécuter les ordres du roi. Sa tille avait é|)ousé le prince de Sainl-Mauris, qui s'était mis à la tète des novateurs, et que poursuivait plus que tout autre la haine du parlement. Le régiment de Biémont, alors en garnison à

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Besançon, avait pour colonel le conile Louis de Narbonne, autre ami de Necker el de madame de Staël. Ces trois hommes commandant la lorce armée firent peu d’efforts pour contenir les ()assions |)opnlaires.

Celle province était la seule en France où il restât encore des serfs sur un point isolé du mont Jura. Voltaire avait attaqué avec énergie les droits du chapitre de Saint-Claude; une décision du parlement de Besançon les avait maintenus. En 1779, le roi Louis XVI avait affranchi par un édit les derniers serfs de ses domaines. Le chapitre de Saint-Claude résistait toujours. En I7S9, les serfs du mont Jura remplirent la France entière de leurs protestations. « C’est l’allribut de la rovaulé, disaient-ils dans une reciuête au roi, d’effacer les traces de l’esclavage el de restituer à des hommes qui naissent libres le droit qu’ils tiennent de la nature » Quand des serfs parlent ainsi, ils sont bien près de devenir libres. L’évêque de Saint-Claude, M. de Bolian-Chabnt, se déclara publiquemenl iioiir eux. «La main-morte, dit-il à une assemblée du bailliage d'Aval, est au nombre des abus qui aftligenl le plus les babilanls des campagnes; les terres de mon évêché, encore indivises avec mon chaidtre, sont aflligécsdece fléau. J’ai souvent regret lé de ne pouvoir le détruire, et j'unis de bon cœur mes supplications à celles que mes vassaux adressent à Sa Majesté pour qu’il lui plaise aflranclùr gratuitement leurs personnes el leurs biens. »

C'est nu milieu de ces agitations qu’eurent lieu les

élections pour les états généraux. Le haut clergé s’abs-

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tint généralement, les curés de campagne tirent tout ce qu’ils voulurent; ni rarchevcque de Besançon ni révè(iue de Saint-Claude ne furent élus; l’abbé de Luxeuil, M. de Clermont-Tonnerre, ne fut même pas admis à voter. La nobles.'-e avait d’abord déclaré qu’elle ne se rendrait pas aux éledions, mais elle se ravisa; elle avait surtout pour but d’écarter le prince de Saint- Hauris, qui succomba à Besançon devant M. de C.rusbois, premier president du parlement. Cette petite victoire fut la seule qu’obtint le parti de la résistance, l’n incident fortuit vint bientôt montrer à quel point les passions étaient excitées. Un conseiller au parlement de Besançon, M. de Mesmay, avait ouvert son ebâteau de Quincey à des réjouissances populaires, quand un baril de poudre éclata dans une écurie, sans blesser personne. La foule se répandit au dehors <n criant qu’on avait voulu la faire sauter. Les pajsans prirent les armes, se jetèrent sur les cbàteaux, les incendièrent, et massacrèrent les babitants. Il fut prouvé que l'explosion avait eu lieu par accident, mais le coup était porté. Ce baril de poudre retentit dans toute l'Europe.

Le |)rince de Saint-Mauris, premier auteur de la révolution de Franclie-Com té, émigra en 1791 et se rendit à l’armée des princes; il y fut assez mal reçu et rentra en France; arreté en 1794 comme accusé de cons(iiration contre Robespierre, il porta sa tête sur l’échafaud. Sa veuve, qui avait partagé sa prison, épousa en secondes noces le prince Louis de La Tremouille ; elle a joué sous ce nom un rôle brillant et actif au commeu-

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cernent de la Reslaiiration, mais dans un sens bien différent de ses opinions premières, l.e rnanpiis de Toulongeon rejoignit de bonne beiire l’armée des princes. Son frère le vicomte resta fidèle à la inajorité, c’est le même que nous avons déjà vu membre de l’assemblée provinciale de l’Orléanais L’ingénieur d’Arçon rendit des services militaires dans les armées de la république; il est mort sénateur et membre associé de l’Institut. Le marquis de Lezay-Marnésia émigra en Amérique, où il fit une grande tentative de colonisation qui ;ie réussit pas. Le marquis de Grammout n’est mort qu’en 1841, membre de la Chambre des députés. Le comte Louis de Narbonne fut élu en 1790 commandant des gardes nationales du dé|>artement du Doubs. Après avoir été un moment ministre de la guerre en 179:2, il se réfugia à l’étranger; rentré en France en 1800, il devint aide de camp de l’empereur et ambassadeur à Vienne.

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