‹ Les assemblées provinciales sous Louis 16Chapitre 5 sur 46 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

GBKERALITR DE C HALO N S

( Champagne).

La généralité de Châlons, qui redevenait l’ancienne province de Champagne, comprenait à peu près les quatre départements actuels des Ardennes, de l’Aube, de la Marne et de la Haute-Marne. Elle se divisait en douze élections, qui forment aujourd’hui quinze arrondissements, et dont les cliefs-lieux étaient Châlons, Rethel, Sainte-MenehouM, Vitry, Joinville, Chaumont, Langres, Bar-sur -Aube, Troyes, Épernay, Reims et Sézanne*. Encore moins peuplée que le Berri, c’était une des parties de la France les plus accablées par les

< Les élections de Sézanne et de Joinville ont été supprimées; les nouveaux chefs-lieux d'arrondissement sont Mézières, Kocroy, Vouziers, Arcis-sur-Aube et Vassy. Nogent-sur-Seine appartenait à la généralité de Paris, Sédan à celle de Metz et Barsur-Seine k celle de Dijon.

aEXÉRAMTÉ DF. CHALONS.

impôls On y payai! 2C livres 10 sols par lête d’habitant, ou près de deux fois plus qu’en Berri, et la différence ne tenait pas à une supériorité de richesse. « La généralité deChâlons, ditNecker, fait partiedes grandes gabelles; on y est de plus assnjetli à toutes les impositions établies dans le royaume, et les travaux des chemins se font par corvées. Le peuple y est généralement pauvre, et l’étendue des impôls y contribue essentiellement. » Aujourd’hui tout a bien changé; les départements champenois ont passé des derniers rangs dans la moyenne, laissant derrière eux la plupart de ceux qui les dépassaient en 1789.

Ce n’est pas l’assemblée provinciale qui a beaucoup contribué à cette transformation; elle n’en a pas eu le temps, mais elle l’a commencée. La Champagne avait tout perdu en perdant ses anciens états. Les états de Champagne, réunis à Vertus en 1358, pendant la captivité du roi Jean, avaient donné le premier signal du soulèvement national contre les Anglais. Deux siècles après, malgré ce grand service, ils n’étaient plus qu’un souvenir, car, dans les cahiers dressés en 1560 pour les états généraux d’Orléans, la noblesse de Champagne se plaignait qu’on les laissât tomber en désuétude. La Champagne avait sons ses comtes beaucoup plus d’étendue que la généralité de Chàlons; elle comprenait la Brie et arrivait jusqu’aux portes de Paris, les villes de Sens et de Provins lui appartenaient. D’après tous les documents locaux, ces villes avaient eu autrefois beaucoup plus d'habitants <|u’à la fin du dernier siècle;

LES ASSEMBLEES PKOVINCrALES.

les foires de ClKimpagne étaient, an moyen âfre, eélèhrcs dans toute rEurope.

L’assemblée qui allait rendre à cette province ses anciennes franchises se composait de quarante- huit membres; elle se réunit à Châlons, chef-lien de la généralité. La Champagne l’accueillit avec joie, sans discuter sur des <incstions surannées de forme et d’origine. L’opinion locale l’attendait et la réclamait depuis longtemps. Dès 1779, l’académie de Châlons, entrant dans les vues de Necker, avait i)ioposé un ])rix dont les fonds étaient faits par le baron de Choisenl, ambassadeur à Turin, pour le meilleur mémoire sur les assemblées provinciales.

Le président nommé par le roi, M. de Talleyrand-Périgord, archevêque - duc de Reims, premier pair de France et légat-né du saint-siège, aiipartenait par sa naissance à une ancienne maison souveraine. Le siège de Reims donnait 60,000 livres de rentes, et .M. de Talleyrand -Périgord y joignait les titres d’abbé de Saint- Quentin et de Cercamps, <|ui portaient ses revenus à plus de 100,000 livres. L’agriculture et l’industrie lui devaient de nombreux encouragements. 11 est mort en 18:21, archevêque de Paris et cardinal. Auprès de lui siégeaient deux autres prélats, M. de Barrai, évêque de Troyes, et M. de Clermont-Tonnerre, évêque-comte de Châlons, mort lui-même en 18:i0 archevêque de Toulouse et cardinal, après avoir rappelé dans une occasion bien connue la Hère devise de sa famille : Kliamsi omnes , ego non. Iv* quatrième prélat de la jtro-

(IKNKKAUTÉ DK CIIAI.ONS.

vince, M. cl»; La Luzerne, évèi|iie-iluc de Lanpres, no llfrnrait pas parmi les membres de l’assemblée.

Après les évêques venaient les abbés des deux plus grands monastères de la Champagne, l’abbaye de Clairvanx, fondée jtar saint Bernard, une des pins riches et des plus magnifiques de France, et celle de Morimond en Bassigny, un peu moins célèbre, mais dont dépendaient les cinq ordres de chevalerie de l’Espagne. Toutes deux, étant en règle, avaient pour abbés de véritables moines. Puis siégeaient deux jeunes abbés commendataires, destinés tous deux à Jouer un grand rôle politique. L’un, neveu de l’archevêque, qu’on appelait alors l’abbé de Périgord et qui devait s’appeler un jour le prince de Tallcyrand, n’était encore, quoiqu’il eût plus de trente ans, qu’abbé de Saint-Denis, dans le diocèse de Reims, et ne devait être promu au siège d’Aulun que l’année suivante. Rien n’annonçait la future grandeur de ce personnage équivoque et mécontent, fait prêtre malgré lui, parce (]u’une chute l’avait rendu infirme, froidement spirituel, novateur hardi, railleur, hautain, paradoxal, ambitieux profond et prêt à tout, (|iii avait voulu, par amour de l’effet, se faire (irésenter publi(|uement à Voltaire, et qui, agent général du clergé pendant la guerre d’Amérique, avait eu la singulière fantaisie d’armer à ses frais un corsaire contre les Anglais. L’autre, M. de Montesquiou-Fezensac, abbé de Beaulieu dans le diocèse de Langres, avait succédé à l’abbé de Périgord comme agent général du clergé, et devait bientôt entrer avec lui à l’Assemblée nationale ;

lîO I.KS ASSEMBI.KES PROVINCIALES.

Iiommc (i’csprit aussi, instruit, éclaire, sans préjugés, mais moins amer et moins inquiet, d'un caractère bien autrement sincère et désintéressé, qui, après avoir tenté vainement en 1781) la conciliation de l'ancien et du nouveau régime, a été, en I8ti, un des principaux auteurs de la (>hai te, et qui, a[)rès avoir été ministre et duc, est mort dans une modeste retraite.

Les deux ordres de la noblesse et du tiers état n’offraient pas de noms aussi éclatants. Le comte de Brienne, frère du premier ministre, fit un moment partie de l’assemblée; mais, appelé presque aussitôt au ministère de la guerre, il fut remplacé par son fils, le vicomte de Loménie. On peut remarquer aussi dans la noblesse, M. Lerebours, président au parlement de Paris; un représentant de l’ordre de Malte, qui avait de grands biens dans la province; le comte de Clioiseul-d’Aillecourt et le marquis d’Anibly, {|ui furent tous deux députés aux états généraux. Le tiers état luésentait cette particularité, que des membres de la noblesse ayant accepté les fonctions de maires avaient consenti à y figurer. Tels étaient M. de Souyn, maréchal de camp et maire de Reims, M. de Brienne, maréchal de camp et maire do Bar-sur-Aube , le comte de Pons, maire de Cbàlons. Ainsi s’effaçait tous les jours la vieille distinction entre les ordres. Parmi les autres membres du tiers état se trouvaient M. Leblanc, correspondant de la Société d’agriculture de Paris, et M. Quatresous de Parctelaine, grand marchand de vin d'Épernay, qu'Arthiir Younga visités l’un et l’autre en 1789, le premier

pour ses moulons d’Espagne et ses vaches de Suisse, le second pour ses vastes caves.

La réunion préparatoire pour les élections ayant eu lieu au mois d’août, la véritable réunion commença le 17 novembre, jour fixé pour la session des assemblées provinciales dans toute la France. Elle se tint dans la grande salle de l’bôlel de ville de Cbâlons, sous la présidence de l’arcbevêque. M. Rouillé d’Orfeuil, intendant, prononça le discours d'inauguration. L’administration des intendants s’était fort améliorée depuis l’avénement de Louis XVI, et M. Rouillé d’Orfeuil en particulier avait fait i)ieuve de talents et de bonnes intentions; l’arcbevêque lui exiirima la reconnaissance de la province. 11 fut donné lecture dans cette séance du règlement arrêté par le roi pour les assemblées provinciales, ainsi que de l’instruction ministérielle qui l’accompagnait. Divisé eu ciinj sections, ce règlement comprenait les assemblées d’élection et de municipalité ; c’était la charte complète de la nouvelle organisation. L’instruction entrait dans plus de détails encore cl péchait beaucoup jdus par l’excès que par le défaut des prescriptions. Le tout avait pour but de régler avec précision les relations des assemblées avec les intendants, de manière, y était-il dit, que la liberté qu’il convient de laisser à l’action de chaque partie ne puisse jamais altérer le concours et la surveillatKe mutuelle qu’exige I intérêt de la province. Nous donnons ces délailsuue fois pour toutes, les mêmes formalités s’étant reproduites à l’ouverture de chaque assemblée.

IÎ2 I.KS A.SSKMni.KKS PKOVIN'CIAI.ES.

L’arclievéque-prcfidciit ouvrit l.i session par un discours où se trouvait le passage suivant : « Une administration sage, égale et permanente va s’établir dans la répartition des impôts. La propriété, le premier objet du code politique dans tontes les constitutions, va reconnaître un rode invariable dans ses principes. Aussi doit-on s’attendre à voir disparaître cette avarice frauduleuse qui cherebe à dérober à l’État ce qu’elle rougirait de ne pas accorder à ses propres engagements, comme si l’on pouvait, sans injustice et sans honte, se faire assurer par la protection publique la jouissance paisible de sa fortune en s’affranchissant des charges de la société. Tout ce qui pouvait porter le nom d’obstacle a disparu ; tons les esprits éclairés sont d’accord sur les principes, tous les rœni-ssont animés du même zèle. Je ne suis point effrayé de la variété des connaissances qui nous sont nécessaires, tonies se trouvent ici réunies; cette assemblée est composée de tous les esprits pour faire le bien, el elle n’a qu’une âme pour le vouloir. Déjà ont disparu les (|uerelles affligeantes qui ont tant de fois divisé les différents ordres de l’Etal ; on ne verra plus ces scènes de scandab' où les droits, mêlés et souvent confondus avec les prétentions, étaient discutés dans le eboe et le tumulte des passions. »

La commission intermédiaire, élue dans la session pré[)aratoire, avait pu, en moins de trois mois, réunir les éléments d’un rapport sur l’état de la province. Le principal rédacteur de ce travail était l’un des procu-

Digilized by Googic

CKNÉKALITÉ DE ClIALONS.

n'urs-syndics, M. F.éve«()iie de l’oiiilly, lieutenant général au bailliage de Reims, fils de l'auteur de la Théorie des sentiments agréables et auteur lui-même de plusieurs écr its historiques. Le père et le fils ont laissé un nom vénéré dans leur ville natale, qui leur doit plusieurs fondations utiles, et entre autres des écoles gratuites de dessin et de mathématiques. Quand le célèbre Pitl, alors âgé de vingt-cinq ans, était venu en France, après la paix de 1783, pour (iréparer un traité de commerce, il avait fixé sa résidence à Reims, et y avait vécu dans rintimité du jeune Lévesque de Fouilly, qui avait à peu près son âge.

Le ra|)port de la commission intermédiaire contenait une véritable statisti(|ue agricole de la province. Il en résultait que rétendue totale était de A millions d’arpents de 51 ares, ce qui correspond assez exactement à ce (jii’a donné le cadastre, et que le produit brut pouvait être évalué en tout cà 00 millions ou 30 francs par hectare. I.es vignes couvraient 100,000 arpents, ou environ 10,tK)o hectares de moins qn’anjourd’hui. D’immenses quantités de terres incultes ne donnaient aucun produit. Le nombre des chevaux était de 120,0(X», celui des bêtes à cornes de 250,000, celui des bêles à laine de 720,000; encore l’hiver rigoureux de 1784 et le manque de fourrage eu 1785 avaient-ils réduit ce dernier nombre de près du tiers. Aujourd'hui, les quatre départements chanq)enois possèdent 2 millions de moutons, 400,000 bêtes a cornes, 200,000 chevaux , et la valeur moyenne de ces divers animaux s’est encore plus accrue

que la quantilé. Un inéiiioire suumis à l’assemblée par lin de ses membres , M. Leblanc, traitait de l'étal des troupeaux et des moyens de l’améliorer. L’auteur avait visité plus de 200 troupeaux sans en trouver un seul uniforme : à côté de moutons valant un louis, il y en avait qui no valaient pas quatre livres. Ce n’était évidemment pas à la nature du sol (|u’il fallait attribuer ces inégaliiés, mais an peu de soin des cultivateurs. La France avait eu autrefois la supériorité pour la production des laines ; cette industrie était tombée en décadence, mais elle pouvait se relever. M. Leblanc lui-méine donnait l'exemple.

La commission avait recueilli des renseignements non moins précis sur les manufactures. « Nous pouvons, disait le rapport, vous présenter la ville de Keims comme soutenant depuis plus de mille années une des manufactures les plus intéressantes du royaume par le nombre et la diversité des étoffes qui s’y fabriquent. En ne jetant les yeux (|iie sur la (|uanlité fabriquée dans le courant de l’année dernière, on trouve 9o,000 pièces d’une valeur, exactement calculée, de i 1 millions de livres, dont la moitié peut être considérée comme le prix de la main-d'œuvre. Ces étolîes passent en Espagne, en Portugal, en Italie, dans le Levant, et y soutiennent la concurrence avec celle des Anglais. On emploie pour les faire un (|uart de laine d'Espagne, les trois autres quarts sont tirés du royaume. Trente mille personnes, tant dans Reims (|ue dans la campagne qui l’en V lionne, sont occupées à ce travail, b Suivaient des

«E.VEKAI.ITK L)E CIIALÜNS.

•lolails du même ^enre sur les fabriijues de Troyes, de Rétiiel, de Chàlons, de Suippes, d’Arcis-sur-Aube, sur la coutellerie de Langres, les armes à feu de Charleville, l’entrepôt des fers de Saiiit-Dizier.

Le reste du rapport entrait dans de grands détails sur l’éiat des routes. La Champagne avait alors 375 lieues de 2,000 toises, ou 1,500 kilomètres, de routes terminées; elle en a aujourd’hui 8,000. La question des corvées ayant été définitivement réglée jiar le roi, il ne s’agissait plus (|ue de bien employer les fonds de rinqiôt établi en échange. L’ingénieur en chef de la généralité avait dressé un état des travaux à faire. Il y proposait l’établissement de cantonniers ou stationnaires par chaque millier de toises sur les routes les plus parcourues, et par 2,000 et même 3,000 toises sur les moins fréiiuenlées. Toutes les roules devaient être divisées en stationnements de douze cantonniers, commandés |>ar un chef. Chaque cantonnier, y compris les frais d’outil et le salaire du chef, devait coûter 300 livres.

L’archevêque présida exactement chaque séance, et tous les procès-verbaux imprimés ' sont revêtus de sa signature. Les noms des auteurs n’étant pas indiqués en tête des rapports, on ne peut savoir si l’abbé de Périgord en écrivit quelques-uns; il appartenait au bureau des impôts. Ce bureau fit deux grands rapports, l’un sur les vingtièmes, l'autre sur la taille; s’ils sont du futur

’ 1 Tol. in-4°, imprimé à Cbiloni.

LKS ASSi;.MHLKK.S PROVINCIALES.

évêque d’Autiin, on y retrouve toute la variété de connaissances i|n’il devait montrer à l’.\sseml)lée nationale. La taille avait eu en Cliaiiipajrne jusqu’en 1739 le meme caractère ai lntraire qu’en Herri; mais depuis cette époque on l’avait tarifée, c’est à-dire assise sur une sorte de cadastre, et il ne s’agissait plus que de perfectionner cet instrument de répartition Quant aux vingtièmes, le gouvernement lui-même offrait de les fixer dans toutes les provinces par un abonnement, grand progrès dont l’assi nibléc du Berri avait eu l’i* niative; il y mettait seulement pour condition une augmentation immédiate, que l'assemblée accorda sans difficulté, après un débat amiable sur le chiffre. Elle profita même de l’occasion fioiir demander un abonnement de tous les impôts directs, mais le gouvernement refusa.

L’abbé de Montes<|uiou appartenait au bureau du bien public; les travaux de ce bureau roulèrent sur des questions agricoles. L’arclievéqne avait fait venir à ses frais un troupeau de moulons es[iagnols pour régénérer les laines de lajirovince. L’assemblée décida qu’il serait écrit en son nom à M. de Montmorin, ministre des affaires étrangères, pour lui demander encore quarante béliers de l’Escurial et autant de brebis. Une souscription fut ouverte pour faire venir des taureaux et des vaches de Suisse et de Franche-Comté.

I Le premier inventeur do la taille {ort/c« était l'abbé de Saint- Pierre, qui avait publié sur ce sujet un mémoire en 1718.

ÜÊNEUALITE DE CHALONS.

Le bureau de la comptabilité était jirésidé par l’évêque de Troyes, et celui des travaux publics i>ar le comte de Cüigiiy. Une somme annuelle de 184,000 livres venait de faire retour à la province sur le fonds des ponts et chaussées en vertu de la décision royale du décembre 1780; eu y .ajoutant celle de 807,000 livres que donnait le nouvel impôt sur les chemins, et les 100,000 annuellement accordées |)ar le roi pour les ateliers de charité, ou arrivait a un total de près de 1,100,000 livres pour les travaux publics, sans compter les souscriptions volontaires. En cherchant les moyens d’augmenter encore ces ressources, on eut l’idée d’établir des droits de péage sur les roules, comme en Angleterre; mais le temps ne permit pas d’étudier suflisauimeiit ce projet, dont l’examen fut renvoyé à l'année suivante.

Uetlc province fut la première qui mil à exécution la partie de l’édit relative aux assemblées d'élection. L’assemblée désigna, aux termes de l’édit, les douze premiers membres pour chîique élection; ceuxci choisirent ensuite leurs collègues. A raison de vingtsix membres par élection, y compris les syndics, on arrive à un total de plus de trois cents personnes pour la prosince. La plupart des présidents appartenaient à l’assemblée provinciale. Parmi les simples membres de ces assemblées secondaires, se trouvaient le marquis de Sillery, qu’on appelait aussi le comte de Geulis, mari de la célébré comtesse de ce nom, un des plus grands proprietaires de vignes de la Champagne, qui a été député

LES ASSEMllLEES PKOVINCIALES.

aux élats généraux, ensuite membre de la Convention nationale, el(|iii a péri sur l’écliafaud; et M. Beugnol, alors avocat à Bar-sur-Aube, procureur général du département de l’Aube en 1700, membre de l’Assemblée législative en 1791, fait comIe et préfet sous l'Empire, ministre etdéputésous la Restauration, un des hommes qui, par la finesse de leur esprit, ont le plus rappelé de nos jours la société du xviii' siècle.

L’assemblée provinciale de Champagne, comme toutes celles qu’avait instituées l’édit de 1787, n’a tenu qu’une session, et les assemblées secondaires ont eu à peine le temps de se constituer. On ne peut que le regretter profondément en voyant l’esprit qui y régnait. « L’étude de l’administration publique, avait dit l’arelicvèque-président, élève l’àme eu occupant la pensée. Le temps employé à méditer sur réconomie politique remplit le cœur d’affections douces; il ré|)ond à ce besoin impérieux que ressent l'iiumme d’être utile à ses semblables. C'est là (juc le travail porte avec lui sa récompense; c’est là que l’àme peut jouir en paix du succès de l’esprit. »

Page 1