‹ Les Associations DiocésainesChapitre 3 sur 79 · Léon XIII, Encyclique Zmmortale Dei · texte numérisé non relu

Léon XIII, Encyclique Zmmortale Dei

SR

ordonné de rélations non sans analogie avec celui qui dans l’homme constitue l’union de l’âme et du corps » (1).

La comparaison même indique que pour l'Eglise les deux pouvoirs ne sont pas sur le même plan. Le spirituel a autorité sur le temporel en raison de la plus grande importance de sa fin. L'indépendance de la société civile n’est donc pas absolue puisque l'Eglise prétend contrôler l'exercice de son pouvoir en raison de l’élément moral qui y est engagé.

C'est précisément ce que les Etats en révolte contre la doctrine de la primauté du spirituel n’ont jamais admis.

Obligés d’avoir des rapports avec l'Eglise et de choisir entre une alliance fondée sur l'intérêt d’un appui réciproque et une lutte plus ou moins ouverte les gouvernements civils ont presque toujours préféré le combat. De quelque façon qu’ils aient conçu la lutte ils se sont toujours attaqués à l’organisation hiérarchique qui fait l'Eglise puissante et libre.

L'histoire est pleine du récit de leurs efforts pour constituer des Eglises nationales indépendantes de Rome et plus soumises aux princes ; « un Etat, disait Portalis, n’a qu’une autorité précaire quand il a dans son territoire des hommes qui exercent une grande influence sur les esprits et les consciences sans que ces hommes lui appartiennent au moins sous quelque rapport (2). »

Aussi contre les exagérations des théologiens du moyen âge accordant au Pape un pouvoir illimité et direct sur les gouvernements, les légistes dressent-ils l'intérêt public et national en réclamant pour l'Etat le droit de contrôler, de réglementer, d'utiliser la force morale et sociale que l’Eglise représente.

« Au fond, théoriciens de la prépotence laïque et théologiens du pouvoir direct, s’ils aboutissent à des conclusions diamétrament opposées, partent du même postulat : le besoin de ramener toutes choses à l’unité : « Rien n’est pensable que ce qui est un. » À cette nécessité dialectique correspond par ailleurs üune nécessité pratique ; il est si commode de gouverner pour qui ne rencontre devant lui que des autorités subordonnées ! Combien au contraire il est difficile de mener à bien une entre-

Page 1