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CHAPITRE PREMIER

sue) | LA RUPTURE DU CONCORDAT ; \ À La séparation des Eglises et de l'Etat qui formait, au début dù XX: siècle, un des points essentiels du programme des partis politiques : dits avancés, s’est réalisée brusquement en 1905, à la suite d'événements regrettables qui amenèrent la rupture dés telations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Là situation entre les deux pouvoirs était déjà tendue lorsque, lé 4 août 1903, succéda, sur la Chaire de Saint Pierre, a Léon XIII diplomate avisé et fin, Pie X pape plus religieux que i politique et préoccupé avant tout de maïntenir le dogme dans . son tgrt ; dans le courant de l’année 1904 survinrent plu- | sieurs cayses de dissentiments fatales.

Le 18 mars, Pie X critiquait dans une allocution consisto-. riale les sé législatives et administratives prises contre À Jes congrégätions en France et notre ambassadeur près le Vatican recevait\ l’ordre de présenter des observations à ce sujet au cardinal Merry del Val, secrétaire d'Etat.

EMA ee.

Le mois ee le Président de la République rendait à Rome, au Roi d'Italie, la visite officielle que ce dernier lui avait faite l’année précédente ; le Saint-Siège, qui avait déjà protesté à ce sujet, vit dans ce geste « une grave offense » faite au Souverain Pontife ; il adressa à tous ses agents diplomatiques une note de protestation qui se terminait ainsi : « Cette offense a été d’autant plus grave de la part de M. Loubet et si, malgré cela, le nonce pontifical est resté à Paris, cela est dû uniquement à de très graves motifs d'ordre et de nature en tous points spéciaux ». Le dernier membre de phrase relatif au maintien du nonce à Paris, ne figurait pas sur la note officielle remise à la France ; il avait pour but, expliqua ensuite le Vatican, de réserver l'avenir vis-à-vis des puissances étrangères. Notre Gouvernement s’en montra offensé ; il crut voir là de la part de la papauté le désir de rompre les relations diplomatiques et, le 20 mai, notre ambassadeur reçut l’ordre de quitter Rome en laissant la gérance de l’ambassade au conseiller de Courcel.

Entre temps une autre difficulté qui allait servir de prétexte à des actes décisifs était pendante entre les deux chancelleries; il s’agit de la situation délicate qu’occupaient dans leurs diocèses respectifs Mgr Geay, évêque de Laval et Mgr Le Nordez, évêque de Dijon. Ces deux prélats avait été invités par le Saint- Siège, l’un à démissionner, l’autre à s’abstenir momentanément de ses pouvoirs épiscopaux (1). Le Gouvernement français, saisi de l’incident par l’évêque de Laval, fit aussitôt représenter au Saint-Siège (Dépêche du ministre des affaires étrangères au

(1) Cette demande était motivée de la part du Siège apostolique par des raisons diverses que nous n’avons pas à indiquer ici.

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