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ET L'ÉLABORATION DES STATUTS

Aussitôt après la guerre. on se rendit compte, suivant l’expression de M. Briand, que c'était « une nécessité d’ordre national et patriotique que la France ne fût pas absente de Rome ». Si on mettait en avant, pour justifier le rétablissement des relations diplomatiques, les exigences de la politique extérieure, il faut convenir que certains aspects nouveaux sous lesquels se présentait la politique intérieure en 1919 réclamaient eux aussi une entente avec le Vatican. L’Alsace et la Lorraine redevenues françaises, c'était le Concordat à nouveau en vigueur dans les deux provinces (1). M. Clemenceau, avait nommé, peu après l’Armistice, deux évêques aux sièges de Stras- bourg et de Metz et il avait dû se féliciter alors, comme en plusieurs autres circonstances, de trouver en la personne de Péminent archevêque de Paris, le cardinal Amette, un inter-

(1) L'avis du Conseil d'Etat consacrant cette solution n’est daté que du 24 février 1925.

médiaire entre le Saint-Siège et lui (1). D’autre part, la « fraternité des tranchées » (2) avait apaisé les luttes religieuses, car, devant la mort et devant l’ennemi, les Français avaient appris à se mieux connaître et à se plus estimer. Quoiqu'il en soit, après le changement de personnel politique en janvier 1920, M. Doulcet fut envoyé par le Gouver-

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nement français en mission à Rome pour négocier les condi-

tions dans lesquelles seraient repris les rapports diplomatiques normaux. Le 18 mars il recevait des instructions très nettes dont aucune n’avait trait au régime légal de l'Eglise de France ; il était dit simplement que la reprise des relations avec le Saint-Siège ne sauraient comporter aucune modification de la législation française existante en matière de cultes, d’écoles et d’Associations (3). Du reste il ne semble pas que Rome ait fait la moindre difficulté à ce sujet et M. Noblemaire pouvait affirmer dans son rapport que « avec l’ambassadeur toute la légalité française serait officiellement reçue ».

Mais M. Doulcet, qui était parti avec un programme com-

(1) Pourquoi faut-il que ce grand homme d’Etat, qui donna la victoire à sa patrie, n’ait pas consenti à lui rendre sa place, et la première, parmi les nations représentées au Vatican ? (Cf. les déclarations de M. Stephen Pichon, ministre des affaires étrangères à la Chambre des députés, le 2 juillet 1919, J. O., D. P., page 2171). On dit qu’il ne lui en coûta rien de moins que son élection à la Présidence de la République, puisque son concurrent Paul Deschanel, entré auparavant en relations avec Mgr Ceretti, le futur nonce, considérait au contraire comme souhaitable l’envoi d’un ambassadeur.

(2) Expression de M. Millerand lors de la réception du nonce pour la présentation des lettres de créance.

(3) Voir le rapport fait par M. Noblemaire au nom de la commission des finances de la Chambre sur le projet de loi portant ouverture des crédits. J. O., D. P., Chambre, annexe n° 1352, page 2061 et suivantes.

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