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LE REFUS DE L'EGLISE

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Comment l’Eglise de France allait-elle s’adapter au régime que le Gouvernement de la République, par la loi du 9 décembre : 1905, venait de substituer à celui des cultes reconnus, sans s’être inquiété au préalable si ce nouveau système était adéquat à la constitution même de la religion catholique ? Telle est la question qui préoccupait tous les esprits un peu soucieux, au début de 1906, de la paix intérieure. Il faut dire que, sur la réponse, l’opinion était loin d’être unanime, même dans les milieux catholiques. Il s’était formé, en effet, lors de la discussion de la loi une atmosphère de bataille peu favorable à une interprétation impartiale et véritablement juridique des dispositions votées. L’adoption de l’article 4 avait été considérée par les catholiques comme une victoire tandis qu’au contraire les partis avancés voyaient dans l’article 8 une revanche de leurs conceptions. Des paroles malheureuses prononcées de part et d’autre, la politique anticléricale et même antireligieuse suivie depuis quelques années par le Gouvernement français, malgré des protestations réitérées de libéralisme, tout cela ne contribuait pas à faciliter la solution d’une aussi grave question. |

Certes, l'Eglise recouvrait une liberté que peu souvent elle

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avait connue ; le pape retrouvait une complète latitude dans le choix des évêques et la faculté de correspondre en toute indépendance avec eux ; ceux-ci pouvaient, désormais, se réunir librement pour discuter des intérêts qui leur étaient confiés : autant d’avantages que personne ne pouvait nier et dont on profita du reste sans tarder. En revanche, une grande partie du

patrimoine des fabriques et des menses, ou bien faisait retour

à l'Etat, ou bien était attribuée à des établissements publics suivant la nature des charges qui le grevaient ; l'Eglise était privée de ses évêchés et de ses séminaires ; ses ressources diminuées lui permettraient-elles, non seulement de continuer à assurer dignement le service divin, mais aussi de poursuivre sa noble mission de dispensatrice de la charité ? Ce patrimoine amoindri, dont les représentants des anciens établissements publics du culte devaient effectuer la dévolution au profit des Associations cultuelles, serait-il sauvegardé par la suite ? Les charges de réparations et d’entretien des édifices du culte laissés à la jouissance des dites Associations n’allaient-elles pas grever lourdement un budget restreint ? Autant de points qu’il était délicat de démêler.

Aussitôt après le vote de la loi, les catholiques se montrèrent (comme trop souvent hélas ! en France) bien divisés sur l'attitude à adopter et donnèrent, suivant l’expression de M. Houtin, le spectacle d’un beau désordre. Les uns, avec Albert de Mun, considéraient qu’accepter un pareil régime c’était

« s’en rendre complice » et ils conseillaient aux prêtres et aux

fidèles d’ignorer la loi ; les autres, au contraire, comme Brunetière et d’Haussonville, impressionnés surtout par la situation désastreuse qui résulterait pour l'Eglise d’un refus, pensaient qu’on pourrait s’accommoder des Associations cultuelles et que

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