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LES FACTEURS DE PIANOS

mariés furent autorisés à emporter du pain pour leurs femmes et leurs enfants.

Cependant Tassociation , composée d'ouvriers excellents, surmontait peu à peu les obstacles et les privations qui avaient entravé ses débuts. Ses livres de caisse offrent les meilleurs témoignages des progrès que ses instruments ont faits dans l'estime des acheteurs. A partir du mois d'août 1849, on voit le contingent hebdomadaire s'élever à 10, à 15, à 20 francs par semaine; mais cette dernière somme ne représente pas tous les bénéfices, et chaque associé a laissé à la masse beaucoup plus qu'il n'a touché. La qualité des pianos, tout le monde le sait, dépend non pas seulement de l'habileté du constructeur, mais aussi des éléments qu'il emploie. Or, l'abnégation des ouvriers associés est un trésor qui leur a permis de lutter contre les maisons riches. Chaque semaine, avant de s'allouer leurs propres salaires, ils prélèvent la somme nécessaire pour acquérir des matériaux de premier choix. On règle la paye du samedi sur la somme qui reste en caisse après toutes les dépenses utiles à la société, et la portion du salaire qui n'est pas payée est portée à Tavoir du travailleur.

Le salaire est payé aux pièces, suivant des tarifs discutés en assemblée générale. Les résultats correspondent à ce que les bons ouvriers obtiennent dans les autres maisons. Il y a, de plus, une part proportionnelle au bénéfice qui est réglé par tête, et qui a représenté jusqu'à présent un franc en sus par journée de dix heures. Une retenue doit être faite sur le contingent de chaque sociétaire jusqu'à ce qu'il ait complété un apport de 1,000 francs. Au-dessus de cette somme, l'argent qu'on laisse pour enrichir le fonds social porte intérêt à 5 p. 100. Il y a eu déjà plusieurs placements de ce genre.

Un tel régime exige une comptabilité donts'efiï'aieraient de vieux commerçants. Une des choses qui nous ont le plus surpris dans les associations, où l'on voit tantde choses surprenantes, c'est la netteté et la précision avec lesquelles les registres sont tenus par l'un des ouvriers associés. Chez les facteurs de pianos, trois comptes sont ouverts au nom de chaque sociétaire , de manière qu'il puisse se renseigner à toute heure sur le mouvement général des affaires et sur sa double position personnelle comme actionnaire et conune salarié.

Ce n'est pas, comme nous l'avons dit, par la somme que touche chaque semaine le sociétaire qu'il faut apprécier sa situation; c'est

78 • LES iISBOCUTlORSr OUttlBRES.

pav la patt de propriété acquise dom un étaMissemeiit déjà considérable. L'association des facteurs de pianos compte aujourd'hui treiite-<;inq membres, tous associés; aie n^emptoie pas d^anxilialres. De yasieft alelkfs ob magasin» (l)v qn'elle loue i,000 francs^ lui st^sentàpeiae. Alafeide 1849, son aetif s'élevait déjà à 23,921 fr. Alafinde iSSO, son ittventaire, arrêté le 91 décembre, a présenté les véflultati suivants :

Acnr :

Outils et ustensiles. . 5,9SS 60

Marctendifes. ............ n,97d fS

Argent en caisse* l^Oil tê'

fiffels en portefeuille. 3,540 »

Débiteurs par comptes , 5,801 90

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