‹ Les associations ouvrièresChapitre 17 sur 26 · PA88U · texte numérisé non relu

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Dû aux sociétaires. 30,880 Ot

— aux adhérents 1,650 60

Créanciers par comptes. ........ 4,737 36

Capital soeia! «,050

On remarquera que la passif, se composant presque uniqiM«ieiit des dépôts des sociétaires, ne peut jamais devenir un end^arra^pottr la société. Ces sommes sont représentées, et garanties par un. outil-*lage et des approvisionnements en matériaux ou en marcbaiidfôes> qui, après deux années d'existence, placent Tasaociation an premier rang des établissements de second CNrdre. Depuis son origine, elle a vendu 264 pianos : elle en a présentement i^ en magasins, 24 qui sont presque achevés, et 60 en cours de fabrieation.

La forme commerciale qui a été adoptée est la société en^nora collectif; chacun répond pour tous et tous pouir chacun.

Le gouvernement intérieur est essentiellement: démocratiquei Toutes les décisions sont prises en assemblée, générale. Pour rad>» ministration courante, il y a un gérant cpii a la signature,, des sur-* veillants d'ateliers en aussi grand nombre qu'il y a de parties dis-» tinctes dans la manufacture des pianosv et. un conseil de trois membres' pour la réception des travaux. Ces fonctionnaire» sont élu3 pour un mois, par scrutins de listes ât à la majorité absolue des suffrages. L'article 4 des statuts reconnaît pour valables les tol-

(^)> Uim du fiEittbourg. St-Denis^ 16ti.

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lelins portant : Maintien de tons ke fimetiomnaires. Or, depuis Toii* gine, presque tous les bulletins mensuels (mt reproduH ces mots, aussi honorables pour les électeurs que pour les élus : JUaintim ée tons les fanetiùnnaires. Voilà» tertes» rm gouvernement modèle* Les administrateurs rt les chefs de seetion sont payé» à la journée, et on ne leur alloue par jour que la moymne de ee que gagnent les ouTriers aux pièces.

Dans ces con^tieus, k commandement n'est ni repoussé ni an* ttttionné. On raccepte, cranme un devoir, pour le bien de tousi H y a pourtant des jours, heureusement rares, où il est difficile de trouyer des fonctionnaires : ce sont ceux où rassemblé^ constituée en cour de justice, doit sévir contre un de ses membres. C'est alors à qui refusera les titres de président et de rapporteur. A en juger par les procès-verbaux analytiques, la procédure nous a para à ht fois sévère et fraternelle. Les peines prononcées sont la réprinaanele et l'exclusion.

A ses malades, la société accorde la paye comme s'ils travaillaient, et de plus une allocation gratuite de dix francs par semaine ; elle espère être bientôt en mesure d'organiser un système de secours plus efficace.

Les associations ouvrières ayant été provoquées surtout par cette concurrence anarcbique dont les salariés font les frais, on y conçoit la concurrence commerciale, noii pas par Favilissement des prix, mais par la qualité des produits. Ge sentiment est des plus viCs dans rassociation des facteurs de pianos, qui ne peuvent prospérer, ils le savent bkm, qu'à la condition d'établir leur réputation parmi tes artistes. L'article iO des statuts est ainsi conçu : a Afin de stimn^ ier le zèle et les facultés intellectuelles de chaque associé, la société tiendra un registre de procès-verbaux constatant les services ren*dus, les améliorations, les perfectionnements et les innovations qui pourront être faits, le nom de leurs auteurs, et les récompenses pécuniaires qui leur auront été votées. » Les associés se réunissent doûc périqdiquement pour discuter sur les diverses parties de la fabrication, pour aviser aux moyens d'améliorer les produits: rémulalion qui règne entre eux à ce sujet est très-vive (i).

Dans les manufactures particulières, le chef a un système ou une

(i) La derniôre réunion avait pour but d'expérimenter un procédé chimique proposé par un savant allemand; dans le but d'augmenter la sonorité des tables d' harmonie. Les résultais n*ont pas justifié les espérances de l'inventeur.

aptitude spéciale, qui fait prédominer dans les instruments certaines parties aux dépens des autres. Des ouvriers, habiles à saisir toutes ces nuances, se contrôlant et s'encourageant les uns les autres, peuvent arriver, ce nous semttle, à des résultats tout à (ait imprévus. L'appréciation de ces faits n*est pas de notre compétence. Au surplus, la meilleure garantie est celle du succès. Des hommes qui, il y a dix-neuf mois, étaient littéralement sans pain, ils s'en font gloire, et qui ai]yourd'hui sont à la tète d'un établissement de second rang, en seraient-ils à ce point si leurs produits ne se recommandaient pas par d'évidentes qualités?

La société avait, dès son début, une grande ambition : c'était d'envoyer à l'exposition de Londres un piano qui soutint dignement l'honnenr de la facture parisienne. Ce projet a été réalisé. Les jourr nalistes de divers pays, en rendant compte des merveilles du Palais de Cristal, ont déjà signalé avec éloges un piano droit, dans le goût du temps de Louis XVI, plaqué en bois de rose, et relevé par des incrustations; meuble de luxe et instrument remarquable , cette œuvre trouvera certainement sa place dans un des plus riches salons de Londres.

Les voilà donc, ces barbares qu'on représente comme des ennemis de toute civilisation ! Pour quoi se passionnent-ils dans leurs conciliabules ? Ils agitent des problèmes d'acoustique, de mécanique, d'ornementation, pour augmenter les jouissances des riches, auxquels on les a dénoncés comme des spoliateurs.

En France, le mauvais vouloir du gouvernement et de certaines classes paralyse, autant que possible, l'essor des associations ouvrières. — Il y a un an environ, un Anglais de distinction, visitant rétablissement des facteurs de pianos^ affirmait que, si un pareil mouvement se manifestait en Angleterre, l'aristocratie britannique se ferait un devoir et un honneur de le favoriser. Nous apprenons, en effet, que des associations commencent à se former en Angleterre, et qu'un patronage vraiment noble, car il paraît complètement désintéressé, les affranchit de ces rudes épreuves dont les ouvriers n'ont triomphé qu'à force d'énergie et d'abnégation.

vm.

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