EMPLOI DES TROIS MILLIONS AVANCÉS PAR L'ÉTAT
Après avoir répudié le principe et contesté jusqu'à la possibilité des associations ouvrières, dans son fameux rapport sur l'assistance, M. Thiers ajoute, avec un accent ironique : « Les vérités qui sortiront de cette expérience valent bien les trois millions qu'elles auront coûtés, et, à notre avis, beaucoup pLus. Nous aurions volontiers accordé des fonds plus considérables pour une expérience aussi importante. » Peu de temps après, H. Lefèvre-Duruflé exprimait à la tribune la même pensée que M. Thiers, en examinant l'emploi des fonds votés en 1848.
Est-il donc vrai que les résultats soient de nature à désillusicmner ceux qui ont foi dans l'association, et que la généreuse initiative prise par l'Assemblée constituante ne doive aboutir qu'à la ruine du principe qu'elle désirait féconder?
, Pour résoudre définitivement cette question, il faudrait que le gouvernement eût respecté l'article 3 de la loi du 5 juillet, qui lui prescrivait de rendre un compte annuel de la répartition du crédit; il faudrait que des documents spéciaux et officiels eussent éclairé le public sur la quotité des fonds distribués, sur la nature et le personnel des entreprises subventionnées, sur les causes probables de leur réussite ou de leur insuccès. Toutefois , dans la crainte qu'un trop long retard ne laissât accréditer le pronostic de M. Thiers, nous nous sommes mis en mesure de jeter quelque lumière sur l'application de la loi dont il s'agit, en réunissant des informations dont l'exactitude ne sera pas contestée.
Un nombre considérable d'associations étaient en projet, et n'at-