‹ Les associations ouvrières au XVIIIe siècleChapitre 10 sur 119 · Isambert, t. XXVII, p · texte numérisé non relu

Isambert, t. XXVII, p

question ouvrière. Et coito scission entre les membres des corps de métiers se produisit partout et dans toutes les industries dès qu'elles progressèrent « dans le rapport technique et matériel ^), c'est-à-dire dès le xvr siècle.

Nous expliquerons plus loin que l'ouvrier n'eiit pas le droit d'association en dehors de la corporation. En fait, comment put-il se grouper en dehors du patronat? 11 eut recours à la société secrète. D'ailleurs, la confrérie va lui fournir un masque favorable qui permettra aux compagnons de constituer des «Compagnonnages ». Au xiii" siècle, maîtres, varlets et apprentis se réunissaient dans une chapelle particuhère pour vénérer un saint qu'ils adoptaient pour patron de la communauté. Ils assistaient à des messes solennelles, puis tous les membres de la confrérie terminaient la journée par un joj^eux festin. Bien souvent, ils versaient des cotisations à une caisse afin d'assurer un service de secours mutuels .

« Les confréries se formèrent en quelque sorte à l'ombre de l'égHse * », et l'église ne leur fut pas favorable. Les pratiques mystérieuses de la réception, la promesse d'assistance mutuelle inquiétaient le clergé. Le Concile de Rouen de 1189 déclarait : « La Sainte Écriture a en horreur de pareilles associations ou confréries de personnes laïques ou ecclésiastiques, parce qu'en les observant on s'expose à se parjurer ; nous défendons donc, sous peine d'excommunication, qu'on fasse de semblables associations ou qu'on observe celles qui auraient été faites. »

Les couvents et monastères étaient plus tolérants ; ils favorisaient et protégeaient jusqu'à la fin du xviii" siècle ces réunions pieuses dont les membres leur assuraient des revenus réguhers.

Nous aurons l'occasion d'indiquer les sentiments hostiles de la royauté à l'égard des confréries, sentiments dont on

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