Arcli. de la Cliarente-Inférieure, H. H
laires sur leurs domaines très difficiles à distinguer. Mais les droits de maîtrise n'étaient point encore abolis ; les fils de maîtres conservaient en grande partie leurs privilèges *. Aussi les difficultés entre patrons et ouvriers des communautés ne disparaissent pas avec la réforme de 1776. M"® Elisabeth sera obligée, en 1782, de protéger le sieur Poignon de Sedan contre les agissements des communautés d'arts et métiers de cette ville '\ En 1778, les manufacturiers de Reims se plaignent de l'esprit exclusif des membres des corporations et en demandent la suppression \ D'autres proclament « qu'il est sage d'exciter l'émulation de l'industrie et de donner quelquefois à certaines branches du commerce un essort que peuvent gêner les lois de police intérieure qui gouvernent les corps et communautés '' ».
Le pouvoir royal favorise, d'ailleurs, le retour aux anciens errements. Un édit du 31 octobre 1782, autorisera les communautés d'arts et métiers à percevoir une augmentation de droits sur les réceptions ^
Enfin, nous aurons l'occasion de constater que les associations ouvrières sont beaucoup plus nombreuses et actives à la fin de l'ancien régime qu'au début du xviif siècle. C'est bien là une preuve que les conflits sont plus aigus et plus fréquents de 1776 à 1789.
Toutefois, l'ouvrier n'attendit pas l'édit de Turgot pour tenter d'améhorer son sort. La conduite des patrons que nous avons indiquée éveilla chez les salariés qui n'avaient pas l'espoir de devenir maîtres ni d'exercer leur métier d'une manière indépendante, la conscience de leur état social, de leurs intérêts et besoins particuliers. C'est ainsi que les ouvriers se séparèrent des patrons et que naquit la